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2017: par maux et remèdes

par Marie Colard publié le 21 décembre 2017 © Vlad Tchompalov (Unsplash)

A l’heure où décembre connait ses premiers flocons de neige, il est temps de dresser un bilan des mois qui viennent de s’écouler. En passant par l’investiture de Donald Trump et l’égalité salariale en Islande, l’année 2017 a été marquée par de nombreux évènements tant intenses que diversifiés.

3, 2, 1 c’est parti pour le récap’ !

Janvier : Les femmes contre-attaquent à Washington

L’année 2017 commence sur les chapeaux de roues ! Le samedi 21 janvier, au lendemain de l’investiture du nouveau président des Etats-Unis Donald Trump, a lieu la Women’s March. L’objectif est d’envoyer un message au président et à sa nouvelle administration pour son premier jour ouvré. Le président Trump, connu pour ses remarques sexistes, a déclaré en 2005 « Je suis automatiquement attiré par les belles femmes… Je les embrasse tout de suite, comme un aimant. Je les embrasse, je n’attends même pas. Et quand tu es une star, elles te laissent faire. Tu peux les attraper par la ch…, tu fais tout ce que tu veux ». Ainsi, des milliers de femmes ont marché ensemble pour promouvoir les droits des femmes mais aussi contre la réforme de l’immigration, pour les droits LGBT et pour répondre aux inégalités raciales, aux problèmes des travailleurs et aux problèmes écologiques. De nombreuses personnalités ont participé aux marches telles qu’Emma Watson, Laverne Cox, Miley Cyrus ou Madonna. Des marches sœurs (sister marches) ont également eu lieu dans d’autres villes aux États-Unis et dans le reste du monde. À Bruxelles, une veillée aux chandelles appelée Lights for Rights a été organisée à la place de la Monnaie le vendredi 20 janvier.

POUR EN SAVOIR PLUSReportage de la RTBF : Marche des femmes à Whashington
Women's March : Bilan

Février : Le cri des louves

"C’était de la violence pure et gratuite." Roxane, manifestante

Bruxelles. 11 février. Il est plus ou moins 22h. 150 marcheuses sont réunies autour du collectif féministe « Reclaim the night » qui organise pour la quatrième fois une manifestation pacifique dont l’objectif est de se réapproprier la rue et de lutter contre les violences sexistes. Un paradoxe lorsque l’on voit comment la nuit s’est terminée. En effet, les organisatrices et les manifestantes se sont faites violemment réprimées et arrêtées par des policiers. Pourquoi une telle intervention ? De nombreux témoignages s’indignent de la brutalité dont les forces de l’ordre ont faire preuve.

TEMOIGNAGESCommuniqué de presse FPS : Manifestation féministe et violences policières
Article d'Axelle Mag : Violences policières lors d’une marche féministe à Bruxelles
Un témoignage vidéo d’une marcheuse (en anglais)

Mars : "A travail égal, salaire égal"

Cette année, l’Islande devient le premier pays du monde à imposer l’égalité salariale. La loi stipule que toutes entreprises de 25 salarié-es ou plus devra prouver qu’elles respectent l’égalité salariale via un certificat. Ainsi, les femmes et les hommes qui occupent des postes de même qualification seront rémunérés à salaire égal. Bref, sous-payer quelqu’un à cause de son sexe deviendra illégal et punissable d’amende. C’est une belle avancée qui (re)donne espoir. En moyenne, en Belgique, une femme gagne 7,6% de moins qu’un homme (et même 16% de moins au niveau européen). Continuons à faire bouger les choses…

Avril : Purge en Tchétchénie

Dans l’impunité la plus totale, les membres de la communauté LGBT tchétchène subissent de violentes répressions par le gouvernement tchétchène. La Tchétchénie, connue pour son régime autoritaire extrêmement dur et violent, emprisonne et torture, parfois jusqu’à la mort, les homosexuels. Ils sont enfermés dans des lieux secrets où ils ne peuvent ni manger, ni marcher, ni dormir. Selon Alvi Karimov, le porte-parole du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov (instauré en 2007 par Poutine), ces accusations sont des « mensonges absolus ». Par ailleurs, il déclare également « on ne peut pas arrêter les homosexuels en Tchétchénie, tout simplement parce qu’il n’y en a pas ! ». Malgré les demandes à répétitions d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron adressées à Vladimir Poutine, la Tchétchénie n’a pas mis un terme à cette persécution.

POUR ALLER PLUS LOIN :Reportage France 2 : Tchétchénie contre l'homosexualité
Notre article #UrgenceTchétchénie

Mai : des afroféministes incomprises

Le 29 mai, la Licra (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme) et Anne Hidalgo, mairesse PS de Paris, créent le débat autour du festival afroféministe Nyansapo. Le festival est en effet accusé d’être interdit aux blancs et de prôner la ségrégation et la discrimination. Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front National, a été l’un des premiers à s’emparer du sujet en parlant d’un festival interdit aux « Blancs ». Dans la foulée, Anne Hidalgo réagit vivement et annonce demander l’interdiction de cette manifestation et de poursuivre les initiateurs du festival. Or, la réalité est toute autre puisqu’il s’agit d’une initiative du collectif Mwasi qui lutte contre les problèmes et les oppressions que subissent les personnes noires. En réalité, seule une partie des activités est organisée en non-mixité au sein des locaux privés. Après plusieurs jours de polémique, Anne Hidalgo permet le maintien du Nyanasapo Fest le 28 au 30 juillet à Paris.

Pour aller plus loin :Notre article sur le festival afroféministe Nyansapo
CONFRONTATION DE POINTS DE VUE SUR LE FESTIVAL NYANSAPO DANS CAUSETTE
article de Libération : Aux origines de la polémique
L'afroféminisme, c'est quoi?Article de Simonae sur l'afroféminisme

Juin : au revoir Simone !

Le 30 juin 2017, Simone Veil s’éteint à 89 ans. Après avoir survécu à Auschwitz, elle devient haut fonctionnaire à la magistrature française puis devient Ministre de la Santé de 1974 à 1979, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Dans la foulée, elle réussit (non sans mal) à faire adopter la loi Veil le 17 janvier 1975. Une loi fondamentale pour les françaises qui dépénalise le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). A la fois considérée comme survivante, guerrière et héroïne, elle est également membre de l’Académie Française depuis 2010. Dès le lendemain de sa disparition, les hommages et les remerciements pleuvent.

BESOIN D'AIDE?INTERROMPRE SA GROSSESSE - IVG
Les centres de planning familial des FPS
Notre dossier Avortement

Juillet : date historique pour les tunisiennes

La Tunisie, pionnière en matière de droits des femmes dans le monde arabe, franchi une nouvelle étape de son histoire. Le 26 juillet, après de nombreux débats et négociations, le Parlement tunisien vote une loi très attendue pour lutter contre les violences faites aux femmes. Jusque-là, les violences au sein du foyer étaient considérées comme privées. Désormais, les violences physiques et morales sont reconnues au yeux de la loi comme un crime et seront punies. Les victimes pourront aussi avoir un accès à un soutien psychologique et juridique. Un violeur ne pourra désormais plus échapper à la justice en épousant sa victime mineure de moins de 15 ans pour échapper à une condamnation.

POUR ALLER PLUS LOIN :Notre dossier sur le viol

Aout : Victoire après 28 ans de combat

C’est officiel, le Chili dépénalise partiellement l’avortement. Les femmes dont la vie est en danger, qui ont été violées ou dont le fœtus est diagnostiqué non viable auront désormais le droit de recourir à l’IVG. Une promesse faite par la présidente socialiste Michelle Bachelet, pédiatre de formation et ministre de la santé de 2000 à 2002. Il n’y a plus qu’à espérer que ce droit perdure, soit respecté et surtout s’élargisse. En effet, les chiliennes avaient déjà acquis ce droit en 1931 mais il leur avait été retiré en 1989 par Pinochet.

Septembre : Les choses changent dans le pays du golfe

Hourra ! Bientôt, les saoudiennes pourront conduire une voiture. Le roi Salmane d’Arabie Saoudite signe le mardi 26 septembre un décret qui permet aux femmes d’accéder au permis de conduire. Si tout se passe bien, cette mesure entrera en vigueur en juin 2018. A ce jour, l’Arabie Saoudite était le seul pays au monde où les femmes n’avaient pas ce droit. Malgré l’interdiction, certaines avaient tenté de braver cette interdiction mais avaient systématiquement été arrêtées. Si les Saoudiennes font encore l’objet de sévères restrictions dans ce pays, c’est néanmoins une avancée majeure pour le droit des femmes.

Octobre : le hashtag qui agite les réseaux sociaux

En octobre, les langues se délient à Hollywood et plusieurs dizaines de femmes accusent le producteur américain Harvey Weinstein de harcèlement, d’agressions sexuelles et de viols. Des déclarations chocs qui libèrent la parole des femmes au-delà des frontières de LA. Sur Twitter, le hashtag #MeToo traverse l’Atlantique et se propage dans le monde entier et rentre dans le top des tendances Twitter en Belgique, en Norvège, en Israël, en Colombie, au Liban ou encore en Australie. L’objectif est de condamner les actes de violences faites aux femmes. Cinéma, médias, sphère politique, lieux de travail : tous les secteurs sont touchés. Dans la foulée, le hashtag #balancetonporc, initié par la journaliste française Sandra Muller, invite les victimes à dénoncer le nom de leur harceleur sexuel. Les têtes tombent les unes après les autres : l’acteur vedette de Netflix Kevin Spacey, le photographe Terry Richardson, l’islamologue et théologien suisse Tariq Ramadan, Gilbert Rozon…

POUR EN SAVOIR PLUS :Agressions sexuelles, viols: l'ouragan Harvey Weinstein

Novembre : L’Australie dit oui !

C’est un tournant majeur pour la communauté gay d’Australie. Le 15 novembre, un vote postal (procédure qui permet aux électeurs d’exprimer leur opinion sur la base du volontariat) a vu 62 % des 12,7 millions des votant-e-s se prononcer en faveur du mariage entre personne de même sexe. Le projet de loi devra dans un second temps être approuvé sans difficulté par la Chambre basse du Parlement avant Noël.

POUR ALLER PLUS LOIN :Notre dossier sur les homosexualités

Décembre : The silence breakers

Chaque mois de décembre  le magazine américain Time révèle « la personnalité qui a le plus marqué l’année écoulée, pour le meilleur ou pour le pire ». Un an après avoir élu Donald Trump, le magazine dévoile sa (ou plutôt ses) personnalité de l’année 2017 qui sont toutes celles et ceux, célèbres ou anonymes, qui ont « brisé le silence » face au harcèlement sexuel. Pour illustrer ces« Silence Breakers », la magazine a fait le choix de cinq visages. Sur la couverture, on peut donc voir Taylor Swift et Ashley Judd accompagnées de trois autres femmes qui se sont investies dans le mouvement #MeToo. On notera aussi ce petit détail en bas à droite de la photographie qui est loin d’être une erreur au montage, ce bras coupé symbolise toutes les personnes qui ne peuvent pas parler.

On se souvient aussi…

En mars dernier, les éditions Hatier dévoile « Questionner le Monde », un manuel scolaire de CE2 (France) où on aborde le temps, l’espace, les êtres vivants et même la place des femes au fil du temps. Pour soutenir l’égalité entre les femmes et les hommes, Hatier et les auteurs/trices décident de suivre les recommandations du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) en utilisant l’écriture inclusive qui féminise les mots en plaçant, entre des points, la terminaison du féminin. De cette façon, artisan devient artisan.e.s ou artisan·e·s. Les avis divergent et la prise de position n’est pas évidente. Pour certains, Hatier va trop loin et pour d’autres, l’écriture inclusive dans l’éducation est primordiale pour lutter contre les inégalités entre les sexes.

En mai, le film « 120 battements par minutes » gagne le Grand Prix et la Queer Palm au prestigieux festival de Cannes. Le film raconte l’histoire de Nathan, Sean et Thibault, militants d’Act Up-Paris, qui au début des années 90, multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale face au SIDA.

En août, la vidéo de l’agression d’une femme dans un bus à Casablanca (Maroc) glace le sang et met en lumière les violences quotidiennes que connaissent un grand nombre de marocaines. Au pays de Mohammed VI, à l’inverse de l’Algérie et de la Tunisie, il n’existe aucune loi spécifique contre les violences faites aux femmes.

Début octobre, le marathon de Bruxelles fait polémique. La prime accordée au vainqueur masculin (1000 €) est trois fois supérieure à celle de la gagnante féminine (300 €) . Depuis lors, la différence a été comblée et Bianca Debaets (CD&V), la secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des chances, a déclaré qu’une telle différence de prix ne se reproduira plus.

Que promet déjà 2018 ?

Belle victoire pour les belges

"La taxe tampon appartiendra bientôt au passé. La décision finale prise par le conseil des ministres s’est faite quelque peu attendre mais je suis heureux que cette proposition puisse enfin devenir réalité." Johan Van Overtveldt, ministre des Finances

Cris de joie pour les belges! A partir du 1er janvier, la « taxe tampon » appartiendra au passé. A l’instar des produits de première nécessité, la TVA sur les tampons, les protège-slips, les serviettes hygiéniques et les coupes menstruelles passera de 21% à 6%. Malheureusement, rien ne peut garantir la baisse des prix puisque les marques peuvent en profiter pour les gonfler.

POUR ALLER PLUS LOIN :Site de Belges et culottées

Deuxième round pour le 1984 au féminin

Inspiré du roman dystopique de Margaret Atwood, la saison 2 de The Handmaid’s Tale sortira en avril 2018 aux Etats-Unis. Gagnante de huit Emmy Awards en septembre dernier, la série produite par Hulu (concurrent américain de Netflix) nous plonge dans un régime basé sur une interprétation littérale de la Bible où les femmes voient leurs rôles déterminés par les hommes qui sont à la tête du gouvernement. Les moins malchanceuses sont assignées aux rôles d’épouses ou assistantes domestiques. Les autres sont condamnées à servir de reproductrice pour les couples dont la femme serait stérile.

Pourquoi regarder Handmaid's Tale?4 raisons de regarder l’incroyable série « The Handmaid’s tale »

A vos postes citoyennes !

Le 14 octobre 2018, comme tous les six ans, auront lieu des élections communales et provinciales. Cette fois et pour la première fois dans le cadre d’élections locales, les listes en Wallonie et à Bruxelles devront être composées selon le principe de la « tirette » (déjà appliqué aux élections fédérales, européennes et régionales). Autrement dit, les listes alterneront un candidat masculin et une candidate féminine. Ce changement a donc un impact direct sur la représentation des femmes sur les listes.

POUR ALLER PLUS LOIN :Analyse FPS : À vos postes, citoyennes! Comment voter dans ma commune ?À vos postes, citoyennes! Pas de démocratie sans paritéAUTRES RECAPS :Chronologie : Égalité des sexes, rétrospective de l’année 20172017 ANNÉE FÉMINISTE? UNE RÉTROSPECTIVE AVEC LA LORGNETTE D'AXELLE Tags : intersectionnalité - Féminisme Partagez
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