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Animation EVRAS : le pari d’une meilleure information sur les règles

par Florence Vierendeel publié le 9 janvier 2019

Responsable du Centre de Planning familial (CPF) de Soignies des FPS, David Plisnier réalise des animations EVRAS en milieu scolaire. Son rôle ? Accompagner les jeunes sur le chemin de leur épanouissement en matière de vie relationnelle, affective et sexuelle en les informant et en les conscientisant sur diverses thématiques telles que la puberté et le changement des corps. Passant de classe en classe, dès les primaires, David nous explique qu’au regard de sa pratique de terrain, la question des règles demeure un sujet essentiel à aborder.

Comment parle-t-on des règles avec les jeunes d’aujourd’hui ?

Les animations « puberté » où la question des règles est abordée débutent généralement en 6e primaire ou en 1re secondaire, car c’est l’âge où les premiers signes de puberté deviennent flagrants chez beaucoup de pré-adolescent-e-s (pilosité, poitrine, règles, érections, etc.). 

Pour aborder la question chez les 11-13 ans, nous utilisons des planches anatomiques pour décrire le cycle féminin et expliquer ce qu’est les règles et pourquoi elles surviennent. Généralement, les enfants sont scindés en deux sous-groupes (par genre) afin d’éviter qu’ils et elles soient mal à l’aise et pour favoriser les échanges. Par après, plus on avance en âge, plus il devient « facile » de faire des animations mixtes sur ce type de sujet. La mixité peut alors apporter de la richesse au temps de débat/questions là où elle est souvent un frein avec les plus jeunes.

Comment les jeunes appréhendent-ils le sujet ?

Il  y a souvent beaucoup de fausses idées qui circulent sur le sujet (« on perd sa virginité en utilisant un tampon », « ça fait très mal, ça saigne comme une blessure », « ça dure pile une semaine », « il est impossible d’aller à la piscine pendant les règles »,…). Les pré-adolescentes sont souvent très inquiètes et très stressées à l’idée de voir leurs règles arriver dans les prochains mois.  Dans certains milieux, il y a même une dramatisation excessive des règles. Nous devons alors rationaliser les choses en expliquant que les inconvénients des règles varient fortement d’une femme à l’autre et évoluent au fil de la vie de chaque femme. De plus, il existe des solutions pour réduire ces inconvénients. Nous insistons aussi sur l’aspect « positif » de l’apparition des règles, car c’est le signe que le corps grandit et « fonctionne » comme il est censé fonctionner.

Pour beaucoup de jeunes, le sujet est davantage « gênant » que tabou. Le rôle des animatrices/teurs est alors de mettre en place un climat de confiance, de confidentialité et d’ouverture d’esprit qui permet de passer outre cette gêne.

Quels sont les enjeux sous-jacents au fait d’en parler de manière collective dans un contexte scolaire ?

Bien que l’EVRAS recouvre des sujets qui sont souvent de l’ordre du « privé » et de l’intime, il apparait en animation qu’environ la moitié des jeunes filles de 6e primaire n’ont reçu aucune information concernant les règles de la part de leurs parents. Alors que ces jeunes filles sont ou vont prochainement être pubères. Pour les garçons, c’est encore pire, 90% d’entre eux ne reçoivent en famille aucune information sur les érections ou les éjaculations nocturnes. Les animations sur le sujet sont donc vitales afin que chacun-e soit informé-e sur le sujet. Cette information permet de réduire le stress lié à la puberté et pose les bases pour la suite de leur vie relationnelle, affective et sexuelle.

De plus, les règles (et autres sujets EVRAS) sont souvent des thématiques sur lesquelles les parents et les enseignant-e-s se sentent eux-mêmes/elles-mêmes mal à l’aise. Outre ce malaise, il y a aussi parfois un manque de connaissance sur le sujet. Beaucoup d’adultes (y compris des femmes) connaissent très mal les mécanismes biologiques des règles et les fausses idées sont encore largement répandues et se transmettent d’une génération à l’autre. Les animatrices/teurs des CPF sont formé-e-s à ces thématiques et possèdent les connaissances nécessaires pour donner une réponse juste et adaptée. Il est donc essentiel de poursuivre (et même d’étendre) ces animations dès la fin du primaire, car c’est précisément le moment où les changements liés à la puberté apparaissent.

 

Tags : menstruations - contraception - Sexualité - Famille Partagez