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Bureau des temps: un pas vers plus d’égalité femmes/hommes?

par Rosine Herlemont publié le 4 septembre 2018

De plus en plus, nos rythmes de vie se désynchronisent. Temps scolaires, temps de travail, temps de loisirs, temps de déplacement… Nous avons tou-te-s déjà été confronté-e-s à la difficulté d’articuler notre vie professionnelle à notre vie familiale et/ou sociale. Face à cette réalité, certaines villes européennes, dont quelques-unes en Belgique, ont décidé de mettre en place des politiques temporelles appelées « bureau des temps ».

Pourquoi un bureau des temps?

"Les politiques temporelles se déploient à travers l’amélioration de l’accès aux services publics ainsi qu’une meilleure maitrise de la mobilité pour les citoyen-ne-s".

Un bureau des temps vise à prendre en compte la question des temps individuels (famille, loisirs) et collectifs (travail, déplacements…) pour mieux les articuler dans l’ensemble des politiques publiques (culture, sport, mobilité, urbanisme…). Les politiques temporelles se déploient à travers l’amélioration de l’accès aux services publics ainsi qu’une meilleure maitrise de la mobilité pour les citoyen-ne-s. Elles permettent de considérer le temps au-delà du seul temps de travail. Ces politiques sont évidemment une manière d’améliorer la qualité de vie mais peut-être aussi de renforcer l’égalité entre les genres.

Pour aller plus loin :Les temps de la ville - Revue projet
Les politiques temporelles - Tempo Territorial
Les maîtres du temps prospèrent grâce aux flexibles - Observatoire des inégalités
Prenez le temps de découvrir les bureaux des temps ! - En aparte
Les bureaux du temps. Vous connaissez ? - IEW

Quand le temps est inégalitaire

En effet, même si mener vies professionnelle et privée de front n’est aisé pour personne, les femmes sont souvent les grandes perdantes de ce système. Dans le contexte actuel de crise économique et d’inégalités sociales, dans lequel « rendement » et « flexibilité » sont les maîtres mots, et alors que les femmes sont encore majoritairement responsables des tâches liées à la famille et au domicile, les politiques temporelles pourraient constituer un réel outil d’émancipation

"Les Français et la répartition des tâches domestiques"-opinionway (Lire l'entièreté de l'enquête)"Les Français et la répartition des tâches domestiques" - Opinionway (Lire l'entièreté de l'enquête)"Il s’agit  aussi de sortir d’une conception du temps axée sur l’impératif de rentabilité, où le temps non productif est considéré comme du temps mort".

Reine Marcelis, présidente de Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes s’est penchée sur la question dans le cadre du colloque international Temporelles de Tempo Territorial du 17 et 18 novembre 2016 :

« La question des politiques temporelles est étroitement liée à l’égalité, que ce soit entre les citoyen-ne-s ou entre les sexes. En effet, comment concilier sa vie professionnelle avec un enfant en bas âge ? Comment articuler sa vie professionnelle lorsqu’on aide un-e proche en difficulté car, dans la grande majorité des cas, ce sont encore les femmes qui se posent toutes ces questions ? Les politiques temporelles constituent donc un outil essentiel pour trouver l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment pour permettre la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, maintenir les femmes dans l’emploi et ce, avec moins de contraintes ou de difficultés dans l’organisation personnelle. Dans certaines villes européennes, notamment en Italie, sous l’impulsion de mouvements féministes, les politiques temporelles ont vu le jour. Elles mêlent l’échange de services gratuits, mesurés en heures, et la réorganisation de rythmes collectifs. Il ne s’agit pas seulement de questions de choix personnels ou de gagner du temps pour soi, mais d’un temps libéré des contraintes sociales, que celles-ci soient productives (le travail)ou reproductives (le privé et la famille). Il s’agit  aussi de sortir d’une conception du temps axée sur l’impératif de rentabilité, où le temps non productif est considéré comme du temps mort. Au contraire, le temps vivant pourrait être redéfini comme des moments individuels ou collectifs, débarrassés des rapports de pouvoir, qui ouvrent sur la créativité, l’échange, le débat, et surtout sur de nouvelles pratiques sociales »

Pour aller plus loin :Actes du colloque "Beau temps pour les femmes - les politiques temporelles au prisme de l'égalité femmes-hommes"

Les bureaux des temps, des initiatives pour une société plus juste !

Un bureau des temps dans chaque commune pourrait ouvrir de nouvelles perspectives fondées sur la prise en compte des évolutions sociales et culturelles et la participation durable de l’ensemble des acteurs ayant un intérêt en jeu. Libérer du temps est une condition nécessaire à tout changement vers une société égalitaire, solidaire et juste.

Tags : inégalité - Temps - Politique Partagez