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Palestine – 50 ans d’occupation

Comprendre l’occupation en quelques dates-clés

par Stéphanie Lecharlier publié le 26 juin 2017

En 2017, la Palestine se rappelle plusieurs anniversaires aussi sombres qu’importants: 100 ans d’injustices, 70 ans de dépossession, 50 ans d’occupation et de colonisation. Privés de leurs droits les plus élémentaires, les Palestiniens subissent au quotidien humiliations, violences, destructions, spoliations. Pourtant ils résistent, s’organisent et se mobilisent pour revendiquer leurs droits.

LE 2 NOVEMBRE 1917

En pleine guerre mondiale, le Premier ministre britannique Balfour adresse une lettre ouverte à lord Rothschild dans laquelle il annonce que « Le Gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple juif  ». L’idée lui a été soufflée par les partisans du projet sioniste selon lequel le peuple juif, dispersé depuis près de 2000 ans, devrait se rassembler vers « Sion », c’est-à-dire vers la ville sainte de Jérusalem et la Palestine.

Pour aller plus loin :La "déclaration Balfour"

EN 1922

A la suite de la chute de l’Empire ottoman, la Société des Nations confie à la Grande-Bretagne un «  mandat  » sur la Palestine. L’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne suivie de l’holocauste accélère brutalement l’immigration juive.

Au sortir de la deuxième guerre mondiale

« Ce partage s’est effectué au mépris de la majorité arabe qui possédait 85 % des terres et refusait de les abandonner».

L’Assemblée générale des Nations Unies adopte, le 29 novembre 1947, la résolution  181, qui recommande le partage de la Palestine en un État juif (55  %), un État arabe (44  %), et une zone «  sous régime international particulier  » comprenant les Lieux saints, Jérusalem et Bethléem. La création de l’État juif sera vue par la communauté internationale comme une compensation pour les traumatismes subis durant la guerre  40 – 45 en Europe. Mais ce partage s’est effectué au mépris de la majorité arabe qui possédait 85 % des terres et refusait de les abandonner.

EN 1948

Alors que le plan de l’ONU n’est pas encore réalisé, l’État d’Israël est proclamé, rapidement reconnu par les États-Unis et par l’URSS. En réaction, les Arabes de Palestine, appuyés par l’ensemble des États arabes voisins qui ne reconnaissent pas l’État d’Israël, lancent une offensive.

EN 1949

La coalition arabe est vaincue. Après cet évènement, Israël repousse ses frontières, ce qui entraine un découpage du territoire des Arabes de Palestine en deux  : la Cisjordanie et la bande de Gaza représentant 23% de la Palestine historique. Les Palestiniens appellent cet évènement la «  Nakba  », la catastrophe, car dans les territoires nouvellement conquis par Israël, 725 000 Palestiniens sont forcés à l’exode. Principalement vers les pays limitrophes (Jordanie, Liban e Syrie). Le retour de ces réfugiés, prévu par la résolution 194 de l’ONU, n’a jamais pu s’effectuer.

Pour aller plus loin :Mieux comprendre la Nakba (EN)
La Nakba est une plaie toujours ouverte
Article de l'Asosociation Belgo-Palestinienne sur la Nakba

LES GUERRES QUI ONT SUIVI

La guerre des six jours en 1967 et celle de 1973, mènent toutes deux à la victoire d’Israël et entrainent notamment l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza, ainsi que des déplacements massifs parmi les Palestiniens. Depuis ce moment-là, l’occupation militaire des territoires palestiniens et la colonisation, pourtant déclarées illégales à de nombreuses reprises par l’ONU (la dernière résolution date de décembre 2016) et l’Union européenne, n’ont fait que s’étendre et s’intensifier

DEPUIS LES ANNÉES NONANTE

« Les attaques israéliennes visent officiellement les « terroristes » du Hamas dans la bande de Gaza, mais provoquent surtout de nombreuses victimes civiles et des destructions d’habitations, d’écoles, d’hôpitaux... »

Malgré les efforts diplomatiques fournis et les différents accords de paix signés (comme celui d’Oslo en 1993 qui sera suivi par l’installation en 1994 de l’Autorité Nationale Palestinienne), la poursuite de la colonisation, des détentions arbitraires et l’absence de souveraineté palestinienne alimentent un cycle de violences, où se succèdent Intifadas (« révoltes des pierres », entamées en 1987, 2000 et 2008) et opérations militaires répressives telles que «  Plomb durci  » en 2008 et «  Bordure protectrice  » en 2014 à Gaza. Les attaques israéliennes visent officiellement les «  terroristes  » du Hamas dans la bande de Gaza, mais provoquent surtout de nombreuses victimes civiles et des destructions d’habitations, d’écoles, d’hôpitaux…

Le mur ©Jihan Seniora« La bande de Gaza, sous blocus depuis 10 ans, est devenue la plus grande prison à ciel ouvert au monde ».

Au-delà de ces dates-clés et des bombardements médiatisés, l’occupation militaire et la colonisation des territoires palestiniens par Israël sont synonymes de persécutions quotidiennes de la part de l’armée et des colons israéliens, et ce, dans l’impunité la plus totale. Elles engendrent aussi une violence plus insidieuse qui se situe à tous les niveaux de la vie des Palestiniens. La bande de Gaza, sous blocus depuis 10 ans, est devenue la plus grande prison à ciel ouvert au monde. Le mur de séparation construit depuis 2002, déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice, sépare les familles, divise les terres cultivables. Pour aller à l’école ou au travail, il faut faire la file des heures durant aux points de contrôle (checkpoint). Continuellement, les ressources sont volées, les cultures détruites. Les détentions arbitraires sont monnaie courante. L’économie est sous perfusion. Les jeunes, qui représentent un tiers de la population, n’ont aucune perspective d’avenir et 40 % d’entre eux sont au chômage.

Pour agir en faveur des Palestiniens découvrez la plateforme (www.stop-occupation.be)
Pour aller plus loin :"La question Palestinienne et les arabes" - ABPChronologie de la Palestine (1947-2012)La campagne 'Palestine : 50 ans d'occupation" Tags : Politique Partagez
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