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Femmes en guerre, femmes en lutte

Article mis à jour le 20 mars 2017

Droit d’asile au féminin : parcours de combattantes

par Julie Gillet publié le 1 février 2017 ©Amnesty International (la campagne Amnesty)

En 2015, le nombre de réfugiés tentant de traverser la mer Méditerranée pour rejoindre l’Europe a connu une augmentation sans précédent. Ainsi, entre janvier et juillet 2015, 340 000 migrants sont arrivés en Union Européenne, contre 123 500 à la même époque en 2014. Sur toute l’année 2015, c’est près d’un million de personnes qui ont rejoint les côtes européennes par la Méditerranée.

« La crise à laquelle l'Union européenne est confrontée n'est qu'une "goutte d'eau" face aux 60 millions de déplacés et réfugiés comptabilisés dans le monde en 2014 par le Haut-Commissariat pour les réfugiés »

Photos-chocs d’hommes et de femmes entassés sur de fragiles embarcations, gros plan d’Aylan échoué sur une plage turque : les médias se sont largement fait l’écho de ce phénomène, souvent au détriment d’une vision plus globale. En effet, contrairement aux idées reçues, la grande majorité des réfugiés  s’installent dans des pays frontaliers à leur patrie d’origine : « La crise à laquelle l’Union européenne est confrontée n’est qu’une « goutte d’eau » face aux 60 millions de déplacés et réfugiés comptabilisés dans le monde en 2014 par le Haut-Commissariat pour les réfugiés », explique François Gemenne, chercheur à l’université de Liège.

Une crise sans précédent

Cet afflux de demandeurs d’asile résulte d’une crise humanitaire mondiale d’une gravité exceptionnelle. Rien qu’en Syrie, la répression puis la guerre ont provoqué la fuite de plus de quatre millions d’habitants. Partout dans le monde, les conséquences des changements climatiques, des conflits armés, des crises économiques poussent de plus en plus de personnes à quitter leur pays dans l’espoir d’un avenir meilleur. Or, aucune disposition n’a été prise par nos dirigeants afin de pouvoir répondre efficacement à cet afflux prévisible et attendu. Pourtant, en vertu de la Convention de Genève , toute personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui du fait de sa « race », de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social déterminé ou de ses opinions politiques craint avec raison d’y être persécutée, a le droit à demander l’asile dans un autre pays.

Être femme et demandeuse d'asile : le double risque

Parmi ces demandeurs d’asile, on trouve de nombreuses femmes ou jeunes filles (environ 24,5% des demandes pour 2015 en Belgique). Or, leurs besoins spécifiques (en matière d’hygiène, de santé, d’accueil et de protection) sont rarement pris en compte dans la réponse humanitaire apportée. Leur vulnérabilité accrue les expose par exemple davantage aux violences physiques et sexuelles lors de leur parcours migratoire. Ainsi, dans une récente campagne, Amnesty International a recueilli les propos de nombreuses réfugiées : toutes  ont dit s’être senties menacées et en danger pendant leur périple. Beaucoup ont indiqué avoir connu, dans presque tous les pays traversés, agressions physiques, exploitation financière et pressions sexuelles. Nous avons consacré une analyse à cette problématique spécifique : « Les violences sexuelles relatives aux migrations et à l’exil  », disponible sur notre site Internet.

(La campagne d'Amnesty)

Bien entendu, toutes les demandeuses d’asile sont différentes. Leurs motifs, leurs histoires, leurs vécus sont différents. Elles viennent de cultures différentes, migrent pour des raisons différentes. Néanmoins, certaines caractéristiques les rassemblent. Pour mieux comprendre ces spécificités, nous t’invitons à lire notre analyse sur le droit d’asile au féminin.

Nos autres revendications en matière d'asile et de migration« Les filles MENA : quelles difficultés spécifiques ? Quelles pistes d’action ? »
« Les violences sexuelles relatives aux migrations et à l’exil »
« Asile au féminin : s’exprimer, se reconstruire »

Le 18 juin 2016, les FPS ont organisé une journée de sensibilisation au genre dans l’accueil des demandeurs d’asile, dans le cadre de la Journée mondiale des Réfugiés. A cette occasion, une centaine de personnes ont pu assister à la pièce de théâtre « Les inouis.2 », qui entend déconstruire les idées reçues, fantasmes et stéréotypes qui entourent les migrations.

Pour déjouer les stéréotypes :

Les Femmes Prévoyantes Socialistes de Mons-Wallonie Picarde et le MRAX proposent cet outil

Pour aller plus loin : Quelques bonnes sources d'informationsFedasil
Médecins du monde
Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides
Amnesty
CIRE
Croix Rouge
CRIPEL
Refugees Welcome
SESO
UNHCR
Unicef
Tags : immigration - réfugié - intersectionalité - lutte - stéréotypes - Politique Partagez
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