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Environnement: déconstruisons quelques idées reçues

par Romane Schyns publié le 6 mars 2018 ©Shutterstock

L’écologie, comme bon nombre de concepts, n’échappe pas aux idées reçues. Nous avons repris 7 croyances communément partagées en tentant de les déconstruire.

Le changement climatique n’est pas réel.

Donald Trump remue ciel et terre pour nous le faire croire, mais il n’y a rien de plus faux. Ce n’est pas parce qu’il fait froid que le réchauffement climatique est une légende, tout comme ce n’est pas parce qu’on peut voir à l’horizon que la terre est plate. De nombreuses études scientifiques prouvent aujourd’hui l’existence et les dangers du réchauffement climatique (parmi celles-ci : les rapports d’évaluation du GIEC et les études publiées dans la revue « Nature Climate Change »). Si les saisons sont instables et que des phénomènes climatiques extrêmes ont lieu (tempêtes, sècheresses, inondations …), c’est bien à cause de lui (à cause du réchauffement climatique, pas de Trump… quoique !).

On ne peut rien y faire !

"Vraiment ? Même si ce sont les gouvernements et les industries qui ont le plus grand rôle à jouer, les citoyenn-e-s peuvent être force de changement".

Fatalistes, certain-e-s vous diront que le changement climatique et ses conséquences sont inévitables. Les phénomènes naturels mortels s’enchainent : inondations, tempêtes, tremblements de terre, tsunami… et les maladies en lien avec notre environnement sont en augmentation. On ne peut rien y faire. Vraiment ? Même si ce sont les gouvernements et les industries qui ont le plus grand rôle à jouer, les citoyenn-e-s peuvent être force de changement. Notamment en faisant pression sur les gouvernements, ou en boycottant certaines marques. Et si le contexte est actuellement au pessimisme écologique, certaines études montrent, quant à elles, que des améliorations sont possibles. Les efforts de ces dernières années réalisés à travers le monde ont permis de constater que le trou de la couche d’ozone a rétréci et a atteint sa plus petite taille depuis 1988! C’est pourquoi, nous devons plus que jamais renforcer et soutenir les initiatives individuelles et collectives qui contribuent à une amélioration des conditions de vie tout en préservant l’environnement.

Pour aller plus loin :Les 15 bonnes nouvelles pour la planète
Gestes écolos à adopter au quotidien

Manger bio, c’est pour les hippies

Manger bio n’est pas l’apanage d’un profil type de personne. Même si les familles à faibles revenus avec enfants allouent une plus faible part de leur budget alimentaire au bio, un rapport observe cependant « un doublement de leur part de marché depuis 2008 ». Les produits les plus consommés sont les fruits et légumes. En parallèle, on observe une augmentation de l’offre de produits bio. Les agriculteurs/trices et éleveurs/euses sont de plus en plus nombreux/euses à opter pour ce type de production. Ce qui a pour effet de favoriser l’accessibilité à ce type d’alimentation.

Pour aller plus loin :RTBF -Faut-il être bobo pour acheter bio? Non répondent les coopérateurs de Färm

Être écolo, ça coute trop cher.

Nous avons toutes et tous en tête l’image du/de la « bobo bio » par excellence qui se rend au travail à vélo, cultive ses propres légumes dans son potager, fabrique ses produits d’entretien, fait ses courses dans le supermarché bio du coin et part en vacances dans une yourte. Une représentation relativement réduite et élitiste trop souvent relayée et partagée. S’il est vrai que certains produits écologiques coutent plus chers que d’autres, l’évolution du secteur rend ceux-ci de plus en plus accessibles financièrement et géographiquement. Les initiatives sont également de plus en plus nombreuses à se développer afin de favoriser l’accessibilité à l’alimentation biologique à toutes et tous : paniers de légumes à tarifs adaptés, ateliers cuisine, ateliers de fabrication maison des produits d’entretien, épiceries solidaires approvisionnées par des producteurs bio et locaux, distribution au coeur des quartiers ou dans des zones rurales isolées…

Et dés que tu peux, comme le dit si bien le groupe Pang! "Fais-le!"
Pour aller plus loin :Je vis écolo et ça ne me coûte pas plus cher !

La pratique écologique passe aussi par des gestes du quotidien et des habitudes de consommation (eau, électricité…). Nous ne sommes toutefois pas toutes et tous égaux/ales en matière de consommation, pas question, donc de tomber dans la culpabilisation des consommateurs/trices même si la sensibilisation reste importante !

Pour aller plus loin :Calculez votre empreinte écologique

Les vaches aussi polluent, mais personne ne leur dit rien.

© Annie Spratt on Unsplash

Effectivement, les gaz émis par les vaches contiennent une grande quantité de méthane, néfaste pour l’environnement. Malheureusement, il est relativement difficile de demander à une vache de cesser de ruminer. Par contre, assez logiquement, diminuer sa consommation de viande et de produits laitiers permet de diminuer la quantité de vaches polluantes sur la planète. C’est notre manière de consommer, et l’élevage intensif, le problème, pas les vaches.

Pour aller plus loin :Le Monde - Remèdes pour des vaches qui polluent moins

« L’écolo bio » est d’office végétarien.

Il est vrai que la culture animale consomme énormément de ressources, et qu’il est bon, pour la planète, de manger un maximum d’aliments issus de l’agriculture végétale, plutôt que des steaks 3 fois par semaine. Cependant, même si une alimentation végétarienne peut sembler préférable, nous pouvons tout à fait participer à une démarche écologique simplement en diminuant notre apport en viande, sans l’éliminer entièrement de notre consommation. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la culture de légumes et de céréales peut aussi être néfaste pour l’environnement, si elle fait intervenir des pesticides et l’agriculture intensive.

Pour aller plus loin :Devenir vegan, ce n'est pas si bon pour l'environnement que ça!

L’effet de serre est néfaste pour la planète.

"Le problème c’est que l’activité humaine dérègle tout en produisant trop de gaz à effet de serre et en créant de nouvelles substances synthétiques aux effets similaires".

Oui et non. L’effet de serre est un phénomène naturel, indispensable à notre survie. Comme l’explique le site fédéral belge climat.be, « un certain nombre de gaz présents naturellement dans l’atmosphère absorbent en effet une partie de la chaleur émise par la Terre ». Ceux-ci régulent ainsi la différence de température entre l’atmosphère et le sol. Ce sont eux qui permettent de maintenir la température actuelle, qui serait estimée à -19° sans leur existence. Le problème c’est que l’activité humaine dérègle tout en produisant trop de gaz à effet de serre et en créant de nouvelles substances synthétiques aux effets similaires. Cela renforce l’effet de serre naturel, qui devient alors néfaste pour
la planète et cause le réchauffement climatique.

Pour aller plus loin :L'effet de serre, un phénomène naturelEffet de serre et conséquences

Tous les écolos sont anticapitalistes

Il est un peu rapide de penser que tous les écolos sont forcément de gauche et/ou anticapitalistes. Les concepts de croissance verte et de développement durable sont d’ailleurs des manifestes d’une vision écolo qui croit encore au modèle sociétal actuel, basé sur la croissance. En fait, il y a deux grandes écoles : d’un côté, celles et ceux qui sont persuadé-e-s que pour sauver notre environnement et valoriser le social, il est indispensable de sortir du capitalisme ; de l’autre côté, il y a les personnes qui pensent qu’il est possible de concilier une croissance infinie et une préservation de l’environnement, grâce, notamment, aux innovations technologiques.

Pour aller plus loin :Lire l'étude "Écoféminisme et écosocialisme en débat" Tags : environnement - stéréotypes - Politique Partagez