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Féminisme et réseaux sociaux : la sorcellerie 2.0

par Marie-Anaïs Simon publié le 23 août 2018

Après avoir passé quelques siècles dans l’oubli et l’anonymat, les sorcières renaissent de leurs cendres. Elles réapparaissent dans les années 1970 comme un symbole féministe, représentant le savoir, la rébellion et l’opposition au patriarcat. Aujourd’hui, elles jettent des sorts à Donald Trump, organisent des rituels pour bloquer l’instauration de centrales nucléaires, manifestent contre la « loi travail » en France et s’échangent leurs potions sur les réseaux sociaux. Impossible de nier qu’elles sont bel et bien de retour !

Les sorcières ont envahi la culture populaire : les clips musicaux, les séries TV, les films et les jeux vidéo. Elles se réapproprient également la plateforme de blogging Tumblr et l’application Instagram sous le hashtag #Witchesofinstagram. La sorcière 2.0 se nourrit de ces représentations nouvelles, riches et positives qui déconstruisent l’archétype de la vieille méchante sorcière.

De l’empouvoirement et de l’inclusivité

La sorcellerie est liée à la marginalité, la liberté et la communauté : « c’est la récupération d’un pouvoir qu’on ne te donne pas »

Le regain d’intérêt pour la magie s’explique notamment par une volonté d’empouvoirement féministe et queer. Comme son histoire occidentale le traduit bien, la sorcellerie est liée à la marginalité, la liberté et la communauté : « c’est la récupération d’un pouvoir qu’on ne te donne pas » explique l’ostéopathe acupuncteur et sorcière Jah Egregius dans le magazine
VICE. La sorcière (« witch », de genre neutre en anglais) est d’ailleurs l’un des symboles forts de la révolution queer. Aujourd’hui, certaines sorcières se sont réapproprié les traditions païennes, la wicca et la sorcellerie d’autrefois pour la remettre au goût du jour et surtout en proposer une vision féministe et inclusive. Elles s’éloignent ainsi petit à petit des dérives transphobes, sexistes,
homophobes et sectaires qui pouvaient entacher la sorcellerie ancestrale et la religion wiccane. On passe également d’une figure exclusivement féminine à un emblème déconstruit et diversifié qui s’oppose à un système où les normes de genre et sexuelles sont oppressives.

Pour aller plus loin :Avec les féministes adeptes de la sorcellerie - VICE

Chacun-e sa recette !

©Florent MarloyeAujourd’hui, la sorcellerie est indéfinissable tant elle prend de formes différentes. Ce n’est ni une religion, ni une spiritualité : c’est avant tout une pratique !

Dans cette pratique, il n’y a pas de texte sacré à respecter, pas de chef-fe spirituel-le, pas de hiérarchie ! Tout peut être décodé comme des symboles et des métaphores qui permettent d’entrer en action. Il s’agit, en somme, d’une grille de lecture du monde qui s’inscrit dans des actions symboliques : les rituels. Comme l’expliquait la journaliste et sorcière Jack Parker, « on utilise tout ce qui est à notre portée aujourd’hui, on façonne notre pratique à notre façon — qu’on soit riche, pauvre, en ville, la campagne, valide ou non, religieu.x.se ou non… bref, c’est chacun sa sauce quoi ». Aujourd’hui, la sorcellerie est indéfinissable tant elle prend de formes différentes. Ce n’est ni une religion, ni une spiritualité : c’est avant tout une pratique ! Une pratique qui vise un changement individuel et global, une pratique qui veut chambouler le système dans lequel nous vivons.

Pour aller plus loin :Et si les sorcières renaissaient de leurs cendres ? - Telerama
ENGAGÉES ET FÉMINISTES, LES NOUVELLES SORCIÈRES SORTENT DU PLACARD - Cheek Mag
Tags : environnement - ésotérisme - Médias - Féminisme Partagez