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Femmes en guerre, femmes en lutte

Article mis à jour le 21 novembre 2017

Femme en lutte : portrait de Thérèse Clerc

par Léa Bages publié le 28 décembre 2016 ©Carolalune (son site)

Il y a des vies qui ne sont que luttes. C’est ainsi que vivait Thérèse Clerc, militante féministe française qui a fondé à Montreuil, en banlieue parisienne, la Maison des Babayagas, un projet unique au monde. Portrait posthume d’une femme en lutte.

Humaniste, utopiste et visionnaire Thérèse Clerc a toujours orienté son action militante dans des projets collectifs.

Militante de la première heure, Thérèse Clerc, est décédée le 16 février 2016 à l’âge de 88 ans, après plus de 40 ans combat féministe. Humaniste, utopiste et visionnaire Thérèse Clerc a toujours orienté son action militante dans des projets collectifs. Elle fonde en 1997 l’association La Maison des Femmes de Montreuil : un lieu d’échange de savoirs où les femmes développent leurs talents et apprennent en s’amusant. Aujourd’hui, bien que le concept moteur de La Maison des Femmes soit d’accompagner les femmes vers l’autonomie, leur permettre de s’approprier leur espace social et les faire devenir actrices de leur propre vie, les misions ont peu à peu glissé vers la lutte contre les violences avec la mise en place d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violences.

Le tag de ©Carolalune à côté de la Maison des Femmes de Montreuil (son site)

Les babayagas : une « utopie réaliste »

«Thérèse est passée à un nouveau projet, La Maison des Babayagas : un lieu de vie pour dames âgées, autogéré, citoyen, écologique, féministe, laïque et solidaire.»

Lorsque La Maison des Femmes à pris son rythme de croisière, Thérèse est passée à un nouveau projet, La Maison des Babayagas (dans les contes russes, la Babayaga est une sorcière qui a des pouvoirs qu’elle utilise comme elle le souhaite) : un lieu de vie pour dames âgées, autogéré, citoyen, écologique, féministe, laïque et solidaire.

« J’ai pensé qu’avec d’autres la vieillesse pourrait être un très beau moment de la vie. La vieillesse est un bel âge si tant est qu’on puisse le vivre en bonne compagnie. J’ai imaginé cette maison où l’on serait vraiment autogérée, où l’on serait les maîtresses des lieux, les maîtresses de notre gestion et de notre corps. Je ne suis pas une vieille féministe pour rien. Mon corps est à moi sinon que maintenant que je suis vieille j’ajoute, mon corps est à moi plus personne n’en veut ».

En 2003, année de canicule, les Babayagas convainquent la mairie de Montreuil de leur attribuer un terrain en centre-ville pour la construction de la maison. Celle-ci sera prise en charge par l’office des HLM et subdivisée en plusieurs studios autonomes loués par les résidentes. En mars 2007, la première pierre est enfin posée. Après quinze ans de lutte, l’utopie devient réalité et La Maison des Babayagas ouvre finalement ses portes en 2013, avec une vingtaine de colocataires âgées de 60 à 80 ans, installées dans des studios individuels au coeur d’un seul et même bâtiment.

« J’ai pensé qu’avec d’autres la vieillesse pourrait être un très beau moment de la vie. La vieillesse est un bel âge si tant est qu’on puisse le vivre en bonne compagnie. J’ai imaginé cette maison où l’on serait vraiment autogérée, où l’on serait les maîtresses des lieux, les maîtresses de notre gestion et de notre corps. Je ne suis pas une vieille féministe pour rien. Mon corps est à moi sinon que maintenant que je suis vieille j’ajoute, mon corps est à moi plus personne n’en veut ».Pour en savoir plus sur ce projetarticle Mediapartarticle Le Mondearticle Arte

Développer un savoir sur la vieillesse

« Je veux transformer la vie, je veux transformer la société».

Pour Thérèse Clerc, La Maison des Babayagas, c’est bien plus qu’une résidence autogérée par les femmes, car la vieillesse ouvre de nouvelles perspectives : « C’est une période extraordinaire la vieillesse, on a une pension qui nous tombe tous les mois, nous n’avons plus à nous préoccuper de savoir comment gagner notre vie, nous sommes complètement dans le temps choisi ». Et pour Thérèse ce temps choisi doit être citoyen. « Je veux transformer la vie, je veux transformer la société. Je veux que ma ville [Montreuil] continue à être une ville aimable, au premier sens du terme. Donc, c’est à nous les Babayagas avec les autres de travailler ça. Ça nous réserve une vieillesse très communautaire, très collective, avec des luttes, avec des choses à gagner et donc nous avons jusqu’à notre mort largement de quoi faire ».
En 2014, Thérèse inaugure ce qui sera son dernier projet : l’UNISAVIE, l’UNiversité du SAvoir du VIEillir autrement, ou encore l’Université du SAvoir des VIEux. Cette université populaire, Thérèse souhaite qu’elle se tienne au sein de La Maison des Babayagas.

« Le but de la Maison des Babayagas c’est de changer le regard des vieux sur eux-mêmes, de changer le regard des vieux sur la société, et le regard de la société sur les vieux ».

«Le but de la Maison des Babayagas c’est de changer le regard des vieux sur eux-mêmes, de changer le regard des vieux sur la société, et le regard de la société sur les vieux. Nous avons beaucoup de pain sur la planche, nous mourrons avant, mais les jeunes générations qui viendront me remplacer continueront ce que nous aurons voulu faire ».

©Penelope Bagieu - Les culottées (Découvrez son blog et ses BD)Envie d'en savoir plus sur Thérèse Clerc ? DécouvrezLa magnifique BD-biographie faite par Penelope Bagieu
Le livre de Danielle Michel-Chich
L'article dans "Cahier d'Histoire"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thérèse Clerc apparaît également dans le film de Sébastien Lifshitz "Les Invisibles"
Tags : hommage - vieillesse - lutte - Féminisme - Politique Partagez
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