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Article mis à jour le 1 décembre 2017

Habitat léger, le logement réinventé ?

par Marie-Anaïs Simon publié le 1 décembre 2017 ©Geran de Klerk - Unsplash

Conciliant autonomie, décroissance et alternative face à la crise du logement, certain-e-s citoyen-ne-s ne manquent pas d’imagination pour réinventer le logement : caravane, tiny house, yourte, roulotte, chalet… Bienvenue dans l’univers de l’habitat plume !

Un habitat léger, c’est une construction destinée à la résidence, souvent démontable et toujours facilement réversible ; lorsqu’elle disparait, elle ne laisse pas de traces. Cette forme de logement peut être installée en zone d’habitat permanent ou agricole, dans un habitat groupé ou de manière individuelle sur la propriété d’un hôte. Sa forme a pour seule limite la créativité de celui ou de celle qui la crée, allant ainsi du traditionnel mobil-home aux dômes et cabanes les plus insolites.

"Pourquoi j’ai opté pour l’habitat léger ?"

Ce n’est pas toujours un choix, du moins parfois pas au départ. Pour certains, il s’agit d’une situation transitoire. Pour d’autres, c’est un changement de mode de vie qui s’inscrit dans la durée. Pour tous, c’est une solution hors cadre, qui permet de vivre avec très peu de choses.

« L’habitat alternatif c’est quelque chose de très facile : ce sont des gens qui ont trouvé une solution pour vivre décemment, avec des petits moyens ». Ce n’est pas toujours un choix, du moins parfois pas au départ. Pour certains, il s’agit d’une situation transitoire. Pour d’autres, c’est un changement de mode de vie qui s’inscrit dans la durée. Pour tous, c’est une solution hors cadre, qui permet de vivre avec très peu de choses.

Financièrement, vivre léger signifie ne plus devoir payer un loyer exorbitant tous les mois et éviter de s’endetter sur plusieurs dizaines d’années. Et puis, ce mode d’habitat permet plus de flexibilité et d’autonomie, ainsi que la réduction de l’empreinte écologique de ceux qui y vivent. En effet, les surfaces habitées sont réduites ce qui diminue notamment l’imperméabilisation des sols (phénomène qui rend l’absorbtion de l’eau de pluie par les sols de plus en plus difficile car ils sont trop souvent recouverts de matériaux artificiels imperméables, asphalte ou béton par exemple, lorsqu’on construit « en dur »). Par ailleurs, les matériaux de construction sont généralement locaux, de récupération et/ou écologiques. Le fait que les logements soient plus petits permet de faire, par ailleurs, des économies d’isolation et d’énergie.

©Annie Pratt - Unsplash

Cette nouvelle manière d’habiter vient chambouler les codes, dynamiser le lien social et la solidarité entre voisine-s et/ou ami-e-s. En plus, comme ce type de logement entraine souvent d’importantes économies, il est possible pour ses habitant-e-s de vivre avec moins. Cela modifie leur mode de vie et permet souvent de diminuer leur temps de travail, temps qui peut, par la suite, être réinvesti dans des activités sociales et culturelles.

« La loi ne dit rien sur votre cas »

Aujourd’hui, en Belgique, 15 000 personnes vivent dans des habitats alternatifs. Pourtant, l’habitat léger est encore considéré comme illégal. En Wallonie, par exemple, il n’est pas reconnu comme un logement par le Code wallon de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. Il est donc très difficile d’obtenir un permis pour implanter ce type d’habitation et, même lorsque celui-ci est obtenu, s’y domicilier est également complexe. Qui plus est, il est très fréquent que ces habitations n’atteignent pas une superficie ou une hauteur de plafond suffisante pour correspondre aux normes de salubrité définies par le code du logement régional. Le cadre juridique flou autour de l’habitat léger fait que, aujourd’hui, la possibilité de vivre selon ce mode de vie reste très dépendante du bon vouloir des politiques communales. Le collectif Halé relevait ainsi que, « censées protéger les citoyens, les normes actuelles créent finalement une insécurité juridique pour toutes les personnes en recherche de solutions dans un contexte de crises multiples (crise du logement, crises écologiques, démographiques, etc.) et de transformations sociales ». Il est grand temps que les politiques permettent à ces habitats alternatifs d’exister et de persister, en proposant un cadre légal et sécurisant.

Le groupe Pang ! réinvente le conte des trois petits cochons. Le grand méchant loup y est la banque et la société de consommation. Il vient menacer les petits cochons avec ses crédits à l’habitation. Heureusement, ils ont trouvé la solution : l’habitat léger ! (Plus d'infos sur Pang!)
Pour aller plus loin :Memorandum de l'habitat léger (RBDL)
Boite à outil du collectif Halé
Vivre en habitat léger, nécessité, choix de vie ? (RTBF)
Quelle reconnaissance de l’habitat léger, mobile et éphémère ? (Technique et culture)
Retour sur la "Matinée de l’Habitat léger",
Tags : environnement - logement Partagez
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