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Société

Sécu et solidarité

Handicap et sécu : des enjeux qui dépassent les aides existantes

par Manon Cools publié le 16 avril 2019 © Matt Artz

En Belgique, l’État, les employé-es et les employeuses/eurs cotisent pour financer la sécurité sociale. Pour certaines personnes en situation de handicap, la réalité est plus compliquée. Nombreuses d’entre elles souhaiteraient participer à un système qui repose sur un principe de solidarité (payer en fonction des moyens et recevoir en fonction des besoins). Or, faute de politique inclusive dès le plus jeune âge, certaines personnes en situation de handicap, bien plus souvent aptes à travailler qu’on ne le croit, se retrouvent parfois contraintes de ne pas travailler, confrontées à un marché de l’emploi peu propice. Ces nombreux freins les conduiront souvent dans des caisses d’allocations résiduaires, faute de mieux. Cette ségrégation des personnes en situation de handicap et de leurs parcours ne leur permet pas de trouver pleinement leur place dans la société. Elle ne favorise pas non plus l’émancipation, l’autonomie et la pleine participation de toutes et de tous au sein de la société.Quoi de neuf au pays des Solidarités ?

Un régime pour celles et ceux qui ne cotisent pas/plus

À côté du système de sécurité sociale, le régime résiduaire existe donc pour les personnes qui ne peuvent pas bénéficier des 5 branches de la sécurité sociale (chômage, pensions, assurance maladie-invalidité…). N’ayant pas de liens directs avec le marché du travail, elles ne cotisent pas pour la sécurité sociale. On retrouve dans ce système l’aide sociale, la garantie de revenus aux personnes âgées, les prestations familiales garanties et les allocations aux personnes handicapées. Ce régime permet aux personnes en situation de handicap de bénéficier d’allocations de remplacement de revenus ou d’allocations d’intégration… parfois nettement inférieures au seuil de pauvreté. Pour bénéficier de ces allocations et avant d’introduire une demande d’allocation pour personne en situation de handicap, la personne devra avoir fait valoir ses droits auprès de tous les autres régimes de la sécurité sociale. Dans certains cas, une personne en situation de handicap pourra par ailleurs bénéficier à la fois d’une indemnité issue de l’assurance maladie invalidité et d’une allocation pour personnes handicapées (dans le cas par exemple d’un emploi à temps partiel et d’une allocation parallèle). Tout cela peut vite devenir un vrai parcours du combattant.

Il existe trois allocations pour personnes en situation de handicap différentes en fonction de l’âge :
• L’ARR, allocation de remplacement de revenus
• L’AI, allocation d’intégration
• L’AAPA, allocation d’aide à la personne âgée
Ces différentes allocations sont octroyées par la Direction Générale Personnes Handicapées à la suite d’une évaluation de la situation familiale, financière et médicale des personnes qui en font la demande.

Vers où aller ?

Les aides octroyées sont essentielles aux personnes en situation de handicap. Toutefois, elles sont précaires et fastidieuses à obtenir ou à faire adapter en fonction de l’évolution de la personne (lourdeur administrative, temps d’attente pour obtenir un rendez-vous médical,…). Un certain nombre de personnes s’y retrouvent par défaut, quand rien d’autre n’est possible pour eux. Malgré de belles initiatives, nous restons encore trop souvent dans une vision ségrégative de la société. Cette ségrégation des personnes en situation de handicap et de leurs parcours ne leur permet pas de trouver pleinement leur place dans la société. L’emploi est un vecteur d’émancipation et d’autonomie financière dont les personnes en situation de handicap devraient pouvoir jouir au même titre que tout-e citoyen-ne. Les politiques doivent se tourner vers une inclusion universelle en mettant en place une politique économique et sociale pour repenser nos modes d’organisation, tant dans le privé que dans le public  : aide à l’intégration et l’aménagement, quotas d’engagements, accompagnement et formation, etc. De ce fait, ces personnes pourraient alors elles aussi cotiser et bénéficier du système de sécurité sociale, au lieu de devenir dépendantes d’une caisse ségrégative. L’inclusion n’est pas une utopie !

Pour plus de renseignements concernant les allocations pour personnes handicapées, n’hésitez pas à contacter l’ASPH au 02/515 19 19 ou par mail à l’adresse suivante : asph@solidaris.be Partagez