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Un toit, mon droit !

La question du logement en cas de violences intrafamiliales

par Fanny Colard publié le 13 décembre 2017 © Zoé Borbé

En situation de violences intrafamiliales, la question du logement est épineuse. Si le cadre législatif prévoit l’interdiction temporaire de résidence pour l’auteur (présumé), celle-ci n’est applicable qu’en des conditions très précises, n’est accompagnée d’aucune autre mesure sécuritaire pour la victime, et les magistrat-e-s n’y ont encore que trop peu souvent recours. Dans la majorité des cas, c’est donc la victime de violences (et bien souvent ses enfants) qui quitte le domicile familial et entame un parcours semé d’embûches pour trouver un logement décent.

Au départ, l'isolement de la victime

Il est important de rappeler le contexte du départ. Bien souvent, celui-ci se fait dans la précipitation, suite à une énième situation particulièrement violente. La victime (et ses éventuels enfants) a comme priorité de se mettre à l’abri, en sécurité, en se distanciant de l’auteur des violences. Bien souvent, la victime est isolée parce qu’elle n’a pas osé se confier à ses proches. Parfois aussi parce que l’auteur l’a volontairement éloignée de ceux-ci, petit à petit, afin d’éviter qu’un jour elle se confie à elle/eux. Ou encore parce que, même si certain-e-s proches sont conscient-e-s de la situation, elles/ils ne savent pas comment réagir et ne comprennent pas pourquoi la victime n’a pas encore quitté sa/son partenaire violent-e.

Maisons d'accueil ou refuges, des solutions plus sécurisantes

Dans bien des cas, difficile donc de se tourner vers une connaissance, un-e collègue, un-e ami-e, un-e membre de la famille pour trouver une solution de « repli » urgente. En tout état de cause, même si cela était possible, est-ce réellement un endroit où la victime pourra se sentir en sécurité ? Où l’auteur-e ne pourra pas deviner qu’elle s’y trouve ? Les victimes doivent alors se tourner vers une maison d’accueil ou un refuge. Chaque structure dispose de ses spécificités : accueil exclusif de victimes de violences intrafamiliales, accueil d’urgence, suivi à plus long terme, logements réservés aux femmes et aux enfants ou encore adresses tenues secrètes pour accroître la sécurité de ses locataires. En tout cas, la plupart de ces structures proposent bien plus qu’un hébergement, avec notamment des équipes pluridisciplinaires offrant des aides sociales, juridiques, psychologiques et même parfois médicales. Il faut aussi préciser que les refuges sont accessibles à tou-te-s (un Belgique il y a également une structure accueillant uniquement des hommes), quels que soient les revenus ou le type de violences subies.

De l'accueil d'urgence à l'accompagnement post-hébergement

Malheureusement il reste cependant difficile de trouver une place dans l’une de ces structures, le nombre de lits disponibles étant insuffisant par rapport au nombre de victimes et d’enfants à reloger. Les victimes doivent idéalement trouver une place dans un hébergement d’urgence, et ensuite dans une structure spécialisée dans l’accueil de victimes de violences intrafamiliales. La durée des séjours au sein de ces structures est variable d’une situation à l’autre, chaque victime arrivant avec sa propre histoire. Le suivi pluridisciplinaire initié vise à les accompagner au mieux dans le processus de reconstruction puis de réinsertion sociale. Un accompagnement post-hébergement est mis en place pour aider les familles à (re)trouver un logement décent, mais aussi leur permettre de poursuivre leur chemin. Dès lors, des liens très forts se tissent bien souvent entre les équipes et les familles. Liens qui ne se brisent pas du jour au lendemain lorsque la famille quitte la structure d’accueil.

Pour les victimesOù trouver un centre d'accueil?
Ecoutes violences conjugales
Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales
Pour les auteur(e)s de violences conjugales et intrafamiliales ASBL Praxis

Les mesures à prendre en la matière

  • L’accroissement du nombre de places disponibles, tant en maison d’accueil (particulièrement d’urgence) que dans les refuges spécialisés. Cet objectif peut être atteint, d’une part, en renforçant le soutien financier aux organismes déjà en place afin de leur permettre de pérenniser leurs services et, d’autre part, en soutenant la création et l’ouverture de nouvelles structures.
  • Le réexamen de la loi encadrant les interdictions temporaires de résidence de l’auteur (présumé) de violences afin de permettre aux victimes et à leurs enfants de ne pas être déracinés, de pouvoir rester au domicile familial tout en leur garantissant une sécurité maximale, ce qui n’est actuellement pas le cas.
Tags : logement - violence Partagez
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