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Article mis à jour le 22 mars 2017

L’avortement dans le monde

par Eloïse Malcourant publié le 26 décembre 2016 ©Shutterstock- Praszkiewicz

En Belgique, l’avortement est partiellement dépénalisé depuis 1990, année du vote de la loi Lallemand-Michielsens. Dès lors, l’interruption volontaire de grossesse est légale si elle est pratiquée sous certaines conditions. Mais, il n’en va pas de même dans les autres pays du monde. Retour sur les lois relatives à l’avortement en vigueur en Europe et dans le monde.

L'avortement en Belgique

En Belgique, l’IVG est autorisée jusqu’à 14 semaines à dater du premier jour des dernières règles (12 semaines de conception) si l’état de détresse de la patiente est reconnu par un médecin. L’avortement doit alors être pratiqué par un médecin et avoir lieu dans une structure de soins où il existe un service informant les femmes sur les alternatives possibles à l’avortement. De plus, un délai de 6 jours doit être respecté entre le premier contact et le jour de l’avortement.

Au-delà de 14 semaines, la reconnaissance d’un danger pour la santé (physique et psychique) de la mère ou de l’enfant devra être attestée par deux médecins afin de pouvoir recourir à une interruption thérapeutique de grossesse (appelée aussi interruption médicale de grossesse). Si ce danger est reconnu, l’IVG peut être pratiquée en milieu hospitalier.

Sur le même sujetAnalyse "enjeux et perspectives d'avenir de la loi sur l'IVG en Belgique

Tour d’horizon des législations internationales en matière d’IVG

Chaque pays de l’Union Européenne possède sa propre législation concernant l’avortement :

  • En Irlande, à Malte, à Chypre et en Pologne l’IVG est illégale sauf en cas de danger de mort pour la mère et en cas de viol ou d’anomalie chez le fœtus.
  • En Italie, au Portugal et en Slovénie, l’IVG est autorisée jusqu’à 10 semaines.
  • En Allemagne, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, l’IVG est autorisée jusqu’à 12 semaines.
  • En Autriche et en Finlande, l’IVG est autorisée jusqu’à 14 semaines.
  • En Suède, l’IVG est autorisée jusqu’à 18 semaines.
  • Aux Pays-Bas, l’IVG est autorisée jusqu’à 22 semaines.
  • En Angleterre, l’IVG est autorisée jusqu’à 24 semaines.
Pour aller plus loin : L'article des Martiennes2017 : l’année de tous les reculs pour l’IVG ?«Dans de nombreux Etats, malgré la possibilité légale d’interrompre une grossesse, il est de plus en plus difficile de trouver une structure et un médecin pour pratiquer l’avortement. »

Dans les pays se trouvant hors de l’Union Européenne, les législations relatives à l’avortement varient d’un pays à l’autre. Celles-ci passent de l’interdiction totale d’avorter à la pratique de l’IVG sur simple demande de la femme. Toutefois, dans de nombreux Etats, malgré la possibilité légale d’interrompre une grossesse, il est de plus en plus difficile de trouver une structure et un médecin pour pratiquer l’avortement. En effet, la pression des « anti-choix » est grandissante (manifestations devant les cliniques, désinformations via des sites Web, etc.) et les mouvements conservateurs montent en puissance.

Retrouvez les lois relatives à l’IVG pays par pays sur http://www.worldabortionlaws.com/map/.

Le site sur les lois IVG (www.worldabortionlaws.com)

Menaces sur le droit à l'avortement en Europe et dans le monde

l’Etat ultra-conservateur du Texas oblige les femmes victimes de fausses couches ou qui ont recours à une IVG à enterrer leur fœtus.

A l’heure actuelle, en parallèle des lois en vigueur, de nombreuses menaces planent sur le droit à l’avortement en Europe et dans le monde. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil à l’actualité pour s’en rendre compte.

Selon un article du Figaro, depuis le 19 décembre 2016, l’Etat ultra-conservateur du Texas oblige les femmes victimes de fausses couches ou qui ont recours à une IVG à enterrer leur fœtus. Cette nouvelle législation demande aux établissements médicaux de prendre à leur charge le coût des funérailles pour les fœtus, peu importe la période de gestation. Toutefois, la question du financement de ces rites funéraires n’a pas été clairement résolue et beaucoup craignent de voir la facture médicale des patientes augmenter. Cette mesure ne concernera pas les fausses couches et les avortements réalisés en dehors des cliniques et des hôpitaux. Dès lors, cela résultera sur une augmentation des IVG non-médicalisées et donc dangereuses pour la santé des femmes. Afin d’éviter les frais d’obsèques, les femmes ne se rendront plus dans les établissements de soins pour avorter et se tourneront vers des méthodes d’avortement non-médicalisées. Une nouvelle attaque envers le droit à l’avortement et la liberté des femmes à disposer de leur corps.

Au Portugal, la femme qui souhaite avorter est obligée d’assister à des séances d’information sur les avantages de la maternité avant une IVG.

En Italie, 80% des gynécologues invoquent la clause de conscience pour refuser de pratiquer l’IVG. Cela favorise le retour de l’avortement clandestin étant donné que de nombreux centres et services hospitaliers pratiquant l’IVG ont dû fermer leurs portes.

En Pologne, en octobre 2016, un scandaleux projet de loi interdisant totalement l’avortement, sauf en cas de mort imminente de la femme enceinte, a été rejeté. Mais, le parti au pouvoir où les conservateurs catholiques sont majoritaires, travaille actuellement à un autre texte qui sera peut-être moins restrictif mais qui ne répondra certainement pas aux attentes des femmes. La législation actuelle en Pologne est pourtant déjà une des lois les plus restrictives d’Europe. L’avortement y est illégal sauf en cas de viol ou d’anomalie chez le fœtus.

Retenons ceci : plus les lois sont restrictives, plus la santé et la vie des femmes sont en danger. Interdire l’avortement n’en diminue jamais le nombre mais le rend clandestin et risqué.

Pour des informations pratiques et fiables sur l'avortement en Belgiquewww.jeveuxavorter.be

Signez la charte de la plateforme Abortion Right ! qui lutte pour le droit à l’avortement en Europe et dans le monde.

Tags : santé - Planning Familial - IVG Partagez
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