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TW harcèlement, viol, agressions
Article mis à jour le 29 mai 2017

Le harcèlement de rue ? Connais pas.

par Lola d’Estienne d’Orves | Amandine Michez publié le 22 mai 2017 © Stop Harcèlement De Rue (Extrait de la vidéo de présentation de l’application lancée par le collectif Stop Harcèlement de Rue)

Le harcèlement de rue est aujourd’hui devenu un sujet étonamment sensible. Reproches quant au manque de nuance entre drague et agression, #NotAllMen et autres énervements feraient presque oublier la réalité de la quasi-totalité des femmes qui s’aventurent sur les pavés : l’impression que la rue ne leur appartient pas, et qu’elles ne sont qu’un bien mis à disposition des autres dès qu’elles osent mettre le pied dehors. Récap des règles de respect dans la rue.

© Madmoizelle (La session acoustique pour se motiver contre les harceleurs.)

Le harcèlement de rue, ce n’est pas de la drague ! La drague est un forme de séduction visant à charmer une autre personne dans un contexte sympathique. Le harcèlement, par contre, naît d’une situation où le-la destinataire montre ou exprime un refus alors que l’autre personne continue tout de même à insister. Cela crée un climat de peur et de frustration. Une relation de pouvoir s’installe entre les deux personnes qui ne communiquent plus d’égal-e à égal-e.

Dans les lieux publics  comme la rue, les parcs ou encore les transports en commun, le harcèlement peut se manifester de différentes façons : par des sifflements, des commentaires déplacés, des insultes, des contacts physiques inadéquats, de l’exhibitionnisme, etc.

© Eutah Mizushima (Unsplash)

Le harcèlement a des conséquences pour les victimes !

Le harcèlement dans l’espace public et le sexisme constituent des formes de violences ayant des conséquences psychologiques (estime de soi touchée par ex.) et sociales (comportement d’évitement par ex.) chez les victimes.

Ces comportements d’évitement, beaucoup de femmes les mettent en place au quotidien, par exemple, en cessant de porter certain type de tenues ou en faisant des détours afin d’éviter une rue ou un quartier. Cela prouve que les femmes ne se sentent pas à l’aise dans l’espace public. Ces tactiques limitent la liberté des personnes et mettent en évidence la violence genrée. En plus, ces comportements d’évitement ne sont pas forcément efficaces puisqu’ils sont basés sur les idées stéréotypées des facteurs de risque du harcèlement de rue. En effet, éviter une rue fort fréquentée, n’exclut pas le risque de croiser un harceleur dans la ruelle d’à côté.

Que dit la loi dans tout ça ?

En Belgique, la discrimination fondée sur le sexe est interdite et punissable. Toute personne harcelant sexuellement une autre personne est susceptible d’être sanctionnée. Depuis une loi du 3 août 2014 contre le sexisme, tout geste ou comportement méprisant gravement et publiquement une personne en raison de son sexe, peut entrainer des poursuites devant le tribunal correctionnel. Si le juge reconnait la gravité des faits, il peut éventuellement prononcer une peine de prison allant de 1 mois à 1 an et/ou une amende administrative de 50€ à 1000€.

Dans la « réalité », ce n’est pas aussi simple car la victime doit nécessairement prouver les faits de harcèlement sexuel. Pour qu’il y ait sanction, il existe deux possibilités : soit l’auteur est pris en flagrant délit par la police, soit la victime dépose plainte. Et c’est là que le problème se pose : prouver que l’on vient de se faire insulter, humilier ou encore mettre la main aux fesses reste compliqué… voire impossible !

Les idées reçues sont-elles vraies ?

©Projet Crocodiles (Son Tumblr)

Certains mythes font croire que les femmes se plaignant du harcèlement de rue détestent en réalité les hommes ou qu’elles aiment secrètement être draguées. Il paraitrait  que le harcèlement ne touche que les jeunes femmes attirantes, que c’est dans la nature des hommes d’harceler, que, si le harceleur est un séduisant, cela pose moins problème ou encore que le harcèlement est un compliment non violent.

Il est important de déconstruire tous ces clichés qui contribuent à renforcer le harcèlement et la culture du viol. Quel que soit le type de harcèlement, il s’agit d’une forme de violence.

© Everlast (Activer les sous titres ! Des mamans surprennent leurs fils en flagrant délit de harcèlement.)

Je suis victime, comment réagir ?

Pour réagir, tu peux adopter diverses stratégies. Cela dépend du contexte, du lieu, de ton humeur mais aussi du harceleur se trouvant en face de toi.

Tu peux adopter un langage corporel calme et sans confusion : regarder droit devant toi, ne pas sourire, avoir une démarche assurée. Ne pas répondre, cela pourrait inciter à la discussion, le harceleur serait susceptible de penser que tu es réceptif-ve puisque tu lui répondes. Tu peux également chercher une aide extérieure, en interpelant des passants ou en criant. Confronter directement la personne en te défendant ou même en te fâchant carrément peut être une autre alternative.

L’ASBL Garance, spécialisée dans ce domaine, traite en profondeur cette thématique du harcèlement de rue et dispense des séances de formation aux techniques d’auto-défense destinées aux femmes. Pour plus d’informations, consulte vite leur site internet : www.garance.be.

© gouv.fr (Extrait de la campagne « Face au harcèlement, n’attendons pas pour réagir » mise en place par le Gouvernement français)

Je suis témoin, que faire ?

Si tu es témoin d’une scène de harcèlement, ta seule présence peut être suffisante pour prévenir ou arrêter ce harcèlement. Tu peux également appeler discrètement la police, alerter un agent de sécurité ou une toute autre personne. Distraire le harceleur peut également permettre à la victime de fuir la situation de harcèlement.

© Would You React (Caméra cachée sur le harcèlement de rue, ensuite analysée par des spécialistes et l'asbl Garance)
© Projet Crocodiles

Les hommes harceleurs transformés en crocodiles

Pour parler du harcèlement de rue, Thomas Mathieu, l’illustrateur du projet crocodile, a choisi de symboliser les hommes harceleurs par des crocodiles afin de représenter le cliché du dragueur/prédateur. La Fédération des Centres de Planning familial des FPS a créé avec lui le « Petit Guide illustré du respect dans la rue (ou ailleurs) ». on y retrouver des conseils, des stratégies efficaces dénichées par Grance, Hollaback et d’autre ssites internet spécialisés en la matière, le tout tourné avec l’humour. Tu peux la retrouver en ligne  ou dans le centre de planning familial FPS le plus proche de chez toi.

Tags : consentement - sexisme - harcèlement Partagez
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