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TW : racisme, sexisme Article mis à jour le 13 juin 2017

Le racisme et sexisme puant sur les bancs de l’université

par Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations publié le 9 juin 2017 ©Pexels

C’est la boule au ventre et la rage au coeur que nous avons découvert le communiqué de presse du Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations (repris ci-dessous). En 2017, un cours de « Formes Musicales » donné à l’IHECS en partenariat avec l’ULB, devient la tribune pour le professeur Michel Demeuldre qui aurait tenu des propos puants de sexisme et de racisme ! C’est inacceptable !

Mise à jour 13/06/2017: Pour l’instant, L’ULB  se dédouane et l’IHECS se décharge de toute responsabilité sans l’ombre d’une excuse. Dans son communiqué de presse, la haute école va même jusqu’à justifier les propos! « Les propos effectivement très crus de M. Demeuldre sur certaines pratiques sexuelles anciennes au Rwanda et en Afrique de l’est, renvoient à des pratiques qui semblent largement documentées dans la littérature scientifique ».

Le professeur a quant à lui réagit dans une lettre de deux pages, s’excusant tout d’abord pour sa « maladresse », revenant ensuite avec des arguments sociologiques et anthropologiques sur l’évènement et concluant en parlant de « lynchage diffamant » sur les réseaux sociaux.

Nous dénonçons ces propos dégradants émanant d’un membre du corps professoral universitaire et la sous-estimation du problème par les institutions incriminées.

Pour aller plus loin :Chronique de Safia KessasArticle sur NewsMonkey

Le communiqué de presse

Il y’a deux mois, s’est donné un cours de « Formes Musicales » à l’IHECS (Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales) à des étudiants de deuxième année dans le cadre duquel, Michel Demeuldre professeur invité au sein de la Faculté de Philosophie et Sciences sociales de l’Université Libre de Bruxelles a été convié en tant qu’intervenant. Un podcast de ce cours a été mis en ligne il y’a seulement quelques jours auquel nous nous devons de réagir.

Le début de son intervention, démontre une fois de plus la nécessité absolue de décoloniser les esprits au sein de notre société. En effet, à la question de savoir ce qui le motive à parler des musiques populaires auprès des jeunes, le professeur totalement hors sujet se perd dans une espèce de récit personnel teinté d’un sexisme et d’un racisme conscient ou inconscient patents :

« Ces propos d’apparence anodins ne sont pas sans rappeler les catégorisations ethniques et théories anthropologiques colonialistes ».

Mr. Demeuldre commence d’abord son récit en s’essayant à une imitation grotesque et méprisante de ce qui semble être un « accent congolais », imitation qu’il fera une seconde fois au cours de l’interview. Le professeur évoque ensuite le souvenir de sa compagne rwandaise de l’époque qui selon lui « était Tutsi et donc avait une bonne éducation des pasteurs qui conduisent les vaches », ces propos d’apparence anodins ne sont pas sans rappeler les catégorisations ethniques et théories anthropologiques colonialistes.

Enfin, ce dernier, toujours hors sujet, s’arroge ensuite le droit d’aborder les performances sexuelles des femmes rwandaises et congolaises devant son auditoire en des termes embarrassants et essentialisants :

« La femme Noire ainsi que sa sexualité ont été chosifiées, faussement « théorisées » pendant des siècles, tant et si bien qu’encore aujourd’hui, les femmes afro-descendantes doivent faire face à des stéréotypes hérités de l’esclavage et de la colonisation encore bien présents dans l’inconscient collectif. »

« Du côté rwandais (…) et ça je trouve que ça devrait être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : la façon de faire jouir les femmes au Rwanda (…) vous devez titiller le clitoris, et pour que ça soit efficace, il faut bien TIRER … les jeunes filles se tirent les lèvres pour que ça soit bien proéminent et facile à faire ».
(Propos recueillis à partir de la 5ème minute )

La femme Noire ainsi que sa sexualité ont été chosifiées, faussement « théorisées » pendant des siècles, tant et si bien qu’encore aujourd’hui, les femmes afro-descendantes doivent faire face à des stéréotypes hérités de l’esclavage et de la colonisation encore bien présents dans l’inconscient collectif.

Pour ces raisons, le Collectif Mémoire Coloniale & Lutte Contre Les Discriminations, condamne avec fermeté les propos aussi malséants qu’humiliants envers les femmes afro-descendantes tenus par le professeur Demeuldre et attend de la part de l’Université Libre de Bruxelles et de l’IHECS, une prise de position claire et publique quant à cet incident qui par ailleurs, intervient après celui des directives sexistes données par le doyen de la Faculté de Médecine pour la proclamation des résultats d’examens.

La fermeté de notre position est d’autant plus renforcée qu’il s’agit ici de propos tenus par un membre d’un corps enseignant universitaire : la responsabilité de Monsieur Demeuldre n’en est donc que plus grande en tant que représentant de son établissement d’une part et en tant que fonctionnaire chargé d’une mission d’éducation d’autre part.

L’éducation, disait Nelson Mandela, est une arme puissante pour faire évoluer les mentalités, il est donc primordial que les établissements et leur personnel chargés de cette tâche prennent conscience de l’importance de la fonction qu’ils exercent et du rôle qu’ils ont à jouer dans la transformation positive des mentalités de notre société et l’amélioration du vivre-ensemble, et cela ne sera possible que par une décolonisation des pensées en premier lieu.

#JeNeSuisPasTaNégresse #ImNotYourSexToy

Pour le CMCLD,

Geneviève Kaninda & Leslie Makoso
Achaïso Ambali, Ablavi Adabunu, Durotimi Olawaiye, Tony Kokou Sampson, Kalvin Soiresse Njall, Orland Mangala

 

Tags : racisme - sexisme - stéréotypes Partagez
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