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Les 7 commandements de la sorcière moderne

par Lola d’Estienne d’Orves publié le 31 octobre 2017 ©Florent Marloye target="_blank"

Tremblez, pauvres mortel-le-s, la sorcellerie est de retour. Depuis quelques mois, on voit de plus en plus de personnes renouer avec ce féminisme du Moyen-Âge dans une démarche d’émancipation à base d’encens et de reliques inspirées de Pinterest. Attention cependant à ne pas confondre ces rituels contre le patriarcat avec l’un ou l’autre sort jeté par un gosse à lunettes dont le seul mérite est d’avoir une cicatrice bien formée : la sorcellerie, c’est aujourd’hui une affaire sérieuse, avec comme têtes de proue Lana Del Rey, Jack Parker, Starhawk ou même Thérèse Clerc. Alors, pour éviter toute méprise, voici les 7 commandements de la sorcière moderne.

I. Une relecture de l’histoire tu feras

Remettons d’abord les choses en contexte : on a souvent l’image de la sorcière maléfique, chevauchant son balais en jetant des sorts aux enfants. Bien que complètement à côté de la plaque, elle vit dans notre inconscient collectif depuis le XVème siècle et continue de perdurer encore aujourd’hui, en témoignent des films cultes comme Hocus Pocus ou le Magicien d’Oz. Mais la vérité est toute autre. Dans un article pour Télérama publié en 2015, Weronica Zarachowitz revenait sur cette injustice historique : devenue une insulte, l’appellation « sorcière » désignait à l’origine une femme qui utilisait la médecine douce dans les milieux paysans, vite reniée par les élites et supplantée par la médecine dure à base de saignées, lavages et autres joyeusetés. Jack Parker, autrice de la newsletter Witch Please et sorcière pratiquante, a elle aussi dénoncé la haine injustifiée envers ses consœurs d’autrefois : Tout ce qu’il fallait pour une femme soit accusée de sorcellerie à l’époque de l’inquisition, c’était un peu d’indépendance. Dès qu’une femme pouvait globalement se démerder sans un homme, c’était suspect, et ça suffisait à éveiller les soupçons.

 

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La sorcellerie a vécu un retour éclair dans les milieux féministes des années 70, pour au final faire son comeback chez les néo-païen-ne-s que nous sommes, qui cherchent à combattre les idées reçues sur ce qui était tout simplement une croyance trop en avance sur son temps.

II. Des clichés ésotériques tu sortiras

Non, si vous êtes sorcière, vous n’allez pas vous retrouver à chercher des cuisses de grenouille à la pleine lune enveloppée dans une couverture faite de feuilles d’érable. Par contre, vous risquez fortement de vous intéresser à des pratiques alternatives qui renforcent la confiance en soi, l’émancipation et le soin de sa personne. Bien sûr, la sorcellerie est empreinte d’une certaine esthétique qui entraîne l’arrivée d’accessoires, comme un autel rythmé par les changements de saison ou des flacons pleins de poivre noir et herbes aux vertus puissantes. Quand bien même, à partir du moment où il est acceptable pour les adeptes du feng shui d’adopter des effigies de buddha et des tableaux Yin/Yang, pourquoi juger les sorcières et leurs grimoires, qui ont quand même sacrément plus de gueule.

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III. L’embarras du choix tu auras

" Il paraît que si l’on demande une définition précise du terme « sorcière » à 12 sorcières, on obtient 13 réponses différentes"

Comme le rappelait si bien Mael dans un article pour Simonae, il paraît que si l’on demande une définition précise du terme « sorcière » à 12 sorcières, on obtient 13 réponses différentes. N’ayez donc pas peur de vous retrouver enfermé-e-s dans des pratiques qui ne vous conviennent pas : vous pourrez toujours en changer. Il existe en effet une multitude de courants de sorcellerie aujourd’hui : green witchcraft, hedgewitchcraft, chaos magic , pop culture witchcraft… Il y en a pour tous les gouts, et vous n’êtes même pas obligé-e-s de vous coller une étiquette. Vous êtes une sorcière, et personne n’a le droit de vous reprocher la manière dont vous exercez votre croyance.

IV. Du bien tu te feras

Comme dit plus tôt, la sorcellerie vient à la base de femmes médecins, sage-femmes et autres personnes du genre féminin qui commettaient le crime de vouloir aider leur prochain avec des infusions et des onguents. Ne vous attendez donc pas à ne trouver que des onctions maléfiques dans votre grimoire : vous pourrez tout aussi bien concocter un thé aux valeurs régénératrices, des chocolats chauds cannelle pour encourager la rencontre amoureuse ou des soins purificateurs. Vous vous retrouverez peut-être à dessiner des pentagrammes sur vos soucoupes, mais il faut bien ce qu’il faut pour provoquer le (bon) sort.

©Orriculum (Sa chaîne)

Certain-e-s décrivent aussi la sorcellerie comme un défouloir, une manière thérapeutique d’extérioriser ses émotions, qu’on y croie ou non. Et même si un rituel ne remplacera jamais un-e psy, ça peut toujours aider en donnant la motivation d’avancer.

V. Une croyance qui te valorise tu pratiqueras

© Lavie Eibel (Une illustratrice de talent)

Certains seraient presque prêts à comparer la sorcellerie à une religion, mais il s’agit alors d’une des religions les plus libres et respectueuses de la femme que vous pourrez rencontrer. D’abord parce qu’elle part du principe que chaque élément a une valeur sacrée, la femme ne dérogeant pas à la règle, et ensuite parce que les sorcières modernes mettent au centre de leur vie leur esprit et leur corps.

VI. La nature tu redécouvriras

La sorcellerie a un lien très important avec la nature, en témoigne le champ lexical utilisé depuis le début de l’article, qui fleure bon la forêt fournie en épicéas perdue au fin fond des montagnes. Les adeptes, à l’origine, partaient d’une vision du monde « immanente » : chaque élément est vu comme interdépendant et interactif, et l’écosystème n’est pas juste un moyen pour accéder à ses fins. Sa vitalité dépend aussi énormément de notre réussite et notre bien-être, rendant ainsi son respect primordial.

VII. Des icônes badass tu auras

Si vous cherchez des modèles pour finalement vous convaincre du bon vouloir de la sorcellerie, plus la peine d’hésiter. Qu’elles soient réelles ou fictives, les femmes qui ont été accusées de sorcellerie ne manquent pas de force de caractère. Même pas besoin de remonter au Moyen-Âge pour tomber sur des héroïnes de la magie noire et blanche : Thérèse Clerc, militante pro avortement de la fin des années 60, qui a ensuite créé la maison des babayagas était par exemple très inspirée par la sorcellerie russe.

Si vous préférez quelque chose de plus biblique, sachez que Lilith, première femme d’Adam dans l’ancien testament, est considérée comme la première sorcière au monde. Sa faute est d’avoir prétendu être l’égale de son mec, étant donné qu’ils étaient tous les deux faits d’argile.

Dans la pop culture, des rumeurs planent aussi autour de sorcières potentielles : Stevie Nicks, chanteuse de Fleetwood Mac qui serait une wicca sous couverture ; Lana Del Rey, qui a récemment participé au lancement d’un sort collectif contre Donald Trump ; ou encore Lorde, qui cultive un univers très mystique, autant dans ses chansons que dans ses clips.

Et si aucune de ces icônes ne vous convient, reportez-vous toujours sur votre famille. Il parait que nous sommes tous-te-s potentiellement les descendant-e-s des sorcières que certain-e-s n’ont pas pu brûler.

Pour aller plus loin :L'article de Simonae sur la sorcellerie
Tous les numéros de la newsletter "Witch Please" de Jack Parker
Et si les sorcières renaissaient de leurs cendres ?
Le site de la bitchcraft, grand rassemblement ésotérique qui se déroule à Bruxelles
Tags : ésotérisme - sorcellerie - Féminisme Partagez
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