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Société

La santé mentale au féminin

Article mis à jour le 20 mars 2017

Les femmes, « sexe faible » de la santé psychologique ?

par Stéphanie Jassogne | Laura Dufey publié le 8 mars 2017

Les chiffres relevés par l’Institut de santé publique lors de son enquête en 2013 sur le bien-être de la population belge montrent que les femmes sont plus touchées par des troubles de la santé mentale que les hommes.  À toutes conditions sociales égales, les femmes ont plus souvent des problèmes de santé mentale que les hommes et consomment également plus de médicaments « psychotropes ».

Un peu d'histoire

Le remède à l’hystérie était donc de trouver un mari et de devenir mère.

Dès l’Antiquité, on retrouve cette distinc­tion caractéristique entre hommes et femmes. Prenons l’exemple de l’hysté­rie, qui vient du grec signifiant « uté­rus ». Hippocrate expliquait alors que l’utérus de la femme hystérique se déplaçait dans son corps faisant appa­raître différents types de symptômes. Pour lui, les crises se manifestaient chez les femmes en âge de procréer et n’ayant pas en­core d’enfants. Elles étaient un moyen pour le corps de crier son désir d’en­fanter. Le remède à l’hystérie était donc de trouver un mari et de devenir mère. Quelques centaines d’années plus tard, Freud lie l’hystérie à un événement psycho­sexuel vécu de manière traumatique durant l’enfance. Il modifiera ensuite sa théorie : le trouble trouvera alors sa cause dans un fantasme de séduction aboutissant à un traumatisme psy­chique. L’hystérie a toujours été un diagnostic « fourre-tout », rattaché à la femme et à la peur que la société a de sa sexualité.  À l’époque, il était inconcevable qu’un orgasme puisse exister en dehors d’un rapport sexuel avec pénétration. L’hystérie n’est qu’un exemple parmi d’autres de troubles « typiquement féminins ».

Pour aller plus loin :Article d'Huffington Post sur toutes les maladies ridicules inventées pour accabler les femmes
Article Slate : "la santé mentale a-t-elle un genre ?

Les femmes plus touchées par certaines maladies mentales ?

« Les femmes ne sont pas plus « folles » que les hommes, elles sont surtout davantage « à risque » à cause de leur vécu ».


©Shutterstock - Sandratsky Dmitriy

Pas si sûr… Ces troubles sont avant tout des termes diagnostiques qui reflètent des com­portements. Mais ces cri­tères comportementaux ne s’attardent pas sur le plus important : le vécu des individus en souffrance. Les femmes ne sont pas plus « folles » que les hommes, elles sont surtout davantage « à risque » à cause de leur vécu.

Selon une enquête de l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes, 15 % des femmes interrogées en 2010 se déclaraient victimes de violences conjugales au cours de l’année écoulée, soit une femme sur sept. 46 % de femmes belges ont été victimes de violences sexuelles jugées «graves» au cours de leur vie. Les violences et les abus provoquent un état de stress posttraumatique qui a de nombreuses conséquences sur la santé. La plupart des approches psychologiques expliquent la pathologie par l’histoire individuelle ou par les interactions du système familial et prennent peu en compte l’environnement social et culturel.

Comment améliorer la situation ?

Pour améliorer la santé et le bien-être psy­chologique de la population belge, il faudrait, no­tamment, lutter contre les stéréo­types de genre et contre les violences faites aux femmes. Grâce à ce type de mesures, les filles pourraient avoir de meilleures bases pour développer leur estime d’elles-mêmes et les compétences leur per­mettant, plus tard, d’avoir accès à un travail satisfaisant, tout en limitant les risques de développer des troubles psychologiques engendrés par des violences. Qu’attendons-nous pour mettre en place plus de mesures allant dans ce sens ?

Pour aller plus loin : Nos analyseSur la santé mentale des femmes
Sur les troubles des conduites alimentaires
Tags : inégalité - santé - violence - harcèlement - Genre - stéréotypes - Stress Partagez
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