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Education : le champ des possibles ?

Quel genre d’études ?

par Stéphanie Jassogne publié le 27 novembre 2019

En Belgique, il est maintenant possible de suivre un master de spécialisation en études de genre. Ce master interuniversitaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles a vu le jour en septembre 2017 dans six universités francophones : à Liège (ULiège), Namur (UNamur), Mons (UMons), Louvain-la-Neuve (UCLouvain) et Bruxelles (ULB et Saint-Louis). Ce type de cursus, très réputé aux États-Unis, est depuis longtemps dispensé dans de nombreux pays d’Europe ainsi qu’en Flandre depuis 2014. L’ouverture de ces études aux étudiant-e-s francophones représente donc une réelle évolution des mentalités et un pas vers plus d’égalité.

Les études de genre, c'est quoi exactement ?

Le terme gender est né aux États-Unis dans les années 1970. Une différenciation est faite entre le genre (masculin/féminin) et le sexe (homme/femme) : le genre est une construction sociale tandis que le sexe fait référence au biologique. La formation met l’accent sur la compréhension des processus qui déterminent la manière dont le genre et les rapports sociaux de sexe sont construits dans tous les domaines de la société en affectant les relations sociales, politiques et culturelles. De ce fait, elle participe à la lutte contre les discriminations de genre et les stéréotypes, ainsi qu’à la promotion de l’égalité et de la diversité.

Naissance du projet

Le développement des études de genre est lié au mouvement féministe des années ‘70, pour lequel penser les différences femmes-hommes et visibiliser les femmes s’avéraient être des enjeux majeurs. Pour ces militantes, le féminisme devient un projet commun d’étude, mais, à l’époque en Belgique, l’éducation permanente semble une voie plus fertile que le milieu académique pour diffuser la pensée féministe.
Il faudra attendre 1995 pour que l’ONU et l’Europe, lors de la Conférence internationale de Pékin sur les femmes, réclament l’inclusion du genre dans les recherches et les enseignements. Alors que plusieurs États vont vite réagir, en Belgique, les choses vont prendre plus de temps. Ce n’est qu’en 2001, sous l’impulsion du Réseau belge des études de genre (SOPHIA) et grâce à un soutien politique et financier, que les universités francophones se voient obligées de créer en leur sein un groupe de chercheuses/eurs et d’enseignant-e-s impliqué-e-s dans les questions d’études féministes.

En 2011, le secteur associatif appelle le monde politique à soutenir concrètement le projet de master du côté francophone. Le ministre Marcourt en charge de l’enseignement supérieur et la ministre Simonis, responsable de l’égalité des chances, invitent alors toutes les autorités académiques à introduire des cours sur les questions de genre. Le cheminement vers un cursus complet interuniversitaire se prolongera jusqu’à sa signature par les six recteurs en septembre 2016.

Ce cursus est l’aboutissement d’un long processus et de plus de trente ans de débats. Le concept du genre s’est longtemps heurté au patriarcat qui domine toujours le monde universitaire. Que cette formation existe aujourd’hui en Belgique et qu’elle soit reconnue témoigne d’une vraie légitimation des combats pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

 

Ce texte de présentation se base sur le contenu de l’onglet « Présentation » du site du Master de spécialisation en études de genre. 

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