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Article mis à jour le 20 septembre 2018

Théâtre : « Obsolète »

par Marie-Anaïs Simon publié le 27 février 2018 ©Alice Piemme

Un mercredi soir au théâtre Varia, le collectif Rien de Spécial joue sa pièce Obsolète. En montant sur scène, Alice, Marie et Hervé, les acteurs/trices nous font partager leurs angoisses, leurs contradictions et leurs questionnements.

Est-ce qu’on peut prôner une nourriture saine et jouer dans une pub pour du fromage industriel ? Est-ce incompatible de vouloir protéger la nature et de rouler en voiture à Bruxelles ? Être anticapitaliste et faire ses courses dans les grandes surfaces, c’est totalement incohérent ? Et puis, surtout, comment vivrons-nous en 2070 si nous continuons à ce rythme ?

Comme une tasse qui se rapproche du bord de la table...

"Entre le moment où elle était sur la table et le moment où elle tombe, il n’y a qu’un instant. Le moment où le Gulf Stream va s’inverser et où tout va partir en sucette, ce sera pareil".

Après le spectacle, je m’assieds quelques instants avec Hervé, l’un des créateurs/trices et acteurs/trices de la pièce, pour discuter des enjeux qui sous-tendent le spectacle. Il m’explique : « par rapport à l’écologie, le truc c’est que les changements ne se voient pas. Mais à chaque changement, c’est comme une tasse qui se rapproche du bord de la table, et à un moment elle tombe. En fait, entre le moment où elle était sur la table et le moment où elle tombe, il n’y a qu’un instant. Le moment où le Gulf Stream va s’inverser et où tout va partir en sucette, ce sera pareil. Quand on s’en rendra compte, il sera trop tard ». En se plongeant dans les recherches pour préparer leur création, l’angoisse les a submergé-e-s… En fait, dès que l’on s’intéresse de près aux projections concernant l’avenir, tout devient très vite anxiogène.

Imaginons le monde en 2070 !

Et si le futur des années 2070 n’avait rien à voir avec le monde ultra technologique que la science-fiction nous montre souvent ? Et si, à la place des voitures volantes, des technologies ultras connectées et de l’intelligence artificielle, il n’y avait plus rien ? Plus d’électricité, plus de pétrole, plus d’animaux ou de plantes, juste quelques humains qui tentent de survivre ? La pièce prend le risque de nous jeter, nous, individus contemporains, dans le futur que les climatologues nous prédisent pour 2070. Un monde dépourvu de tout confort, où même survivre est un combat de tous les jours. Un monde tellement insupportable que même les acteurs décident de le quitter pour revenir en 2018.

Pour aller plus loin :Usbek et Rica- Changement climatique : les 8 apocalypses à venir©Alice Piemme

La stratégie de l’autruche

"Bien sûr qu’on ne peut pas être 100 % cohérent-e, à moins de partir vivre dans la Creuse en communauté et en autonomie… et encore ! "

Pour nous éviter ces angoisses, nous, les humains, nous imitons les autruches qui enfouissent leur tête dans le sable. Parce qu’après tout, rien ne dit que ce futur arrivera. La technologie finira bien par trouver une solution. N’est-ce pas ? Cette stratégie d’évitement crée chez nous d’incroyables paradoxes dont le ressort comique est savoureusement exploité par la pièce. Malgré ce sombre portrait, on garde le sourire du début à la fin du spectacle, grâce aux traits d’humour, de cynisme et d’autodérision. Bien sûr qu’on ne peut pas être 100 % cohérent-e, à moins de partir vivre dans la Creuse en communauté et en autonomie… et encore ! On doit se défaire de cette culpabilité qui nous paralyse. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est voir ce que nous pouvons faire, à notre échelle, et se mettre en action.

Qu'est-ce qu'on attend pour agir ?

« On n’a pas la solution ! La solution, elle est complexe », me confie Hervé. Le spectacle questionne donc : « qu’est-ce qu’il faudrait faire pour changer le monde ? » Il n’apporte pas de réponse toute faite. Dans nos sociétés, il n’y aura peut-être pas de grande révolution à l’instar de mai 68. Par contre, il y a beaucoup d’actions collectives qui font bouger les choses. Les petits groupes de citoyen-ne-s qui se mobilisent ensemble, les ASBL, les initiatives locales… À chacun, à son échelle, de trouver l’engagement qui lui convient. Alors, qu’est-ce qu’on attend pour agir ?

Pour aller plus loin :Alterecho - «On assiste à un épuisement de notre environnement, et même d’une action collective»
L'Observatoire - "Transformer la société ensemble au départ du niveau local"
La Libre - "Qu'est-ce qu'on attend ? "

Prochaines représentations

Prochaine représentation le 28/09/2018 pour l’occasion des Fêtes Romanes pour l’occasion des Fêtes Romanesau Wolubilis

©Alice BiemmeAutres critiques de la pièceLa Libre - ""Obsolète" nous met face à nos contradictions"
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Tags : environnement - Théâtre - art - Critique Partagez