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Nous, vous & elle

Le viol

Let’s talk about sex !

Trigger Warning : Viol

Tu veux ou tu veux pas ?

par Marie-Anaïs Simon publié le 3 mai 2017 © Campagne de l'Espace Santé des étudiants de Bordeaux (Leur page Facebook)

« Coincée contre un mur, il ne lui restait plus d’autres choix que de s’abandonner aux lèvres et aux mains de cet inconnu qu’elle venait de rencontrer ». Je ne sais pas vous, mais moi ce genre de phrase que l’on pourrait trouver dans beaucoup de comédies romantiques ou érotiques, ça me fait flipper. Ça me glace le sang parce que c’est socialement accepté. Ça me fait froid dans le dos tant la question du consentement dans cette situation est complètement évacuée. Pire, la contrainte est présentée comme quelque chose d’excitant.

Pas de sexe sans consentement

Consentement expliqué avec une tasse de thé
« Ce qu’il faut en retenir c’est qu’il y a consentement s’il y a un accord explicite des partenaires. Quels que soient les jeux ou les pratiques sexuelles, le respect et la communication sont primordiaux ».

Le consentement sexuel c’est très simple : certains l’expliquent avec une tasse de thé , d’autres avec des métaphores très simples et la youtubeuse Teresa Lee le compare même à la masturbation. Ce qu’il faut en retenir c’est qu’il y a consentement s’il y a un accord explicite des partenaires. Quels que soient les jeux ou les pratiques sexuelles, le respect et la communication sont primordiaux. Mais soyons honnêtes, le consentement dans la culture populaire est rarement présenté comme quelque chose de sexy. Bien au contraire, la blogueuse féministe Crêpes Georgette affirme dans son article « Le non consentement sexuel féminin est-il excitant ? » que « toutes nos pratiques culturelles sont imprégnées, et ce, depuis des siècles, par l’idée que les violences sexuelles sont érotiques, séduisantes, excitantes, et que le non-consentement féminin, en plus de n’avoir pas grande importance, est excitant ». Cela fait partie de la culture du viol. Ainsi, même si les médias, aujourd’hui, ne cessent de rappeler l’horreur du viol , ils nous conditionnent, par ailleurs, à être excités par la négation du consentement. Ce paradoxe réduit ainsi la définition d’un viol à une agression par un inconnu armé sur une femme sans défense. Pourtant, dans 80 % des cas, l’auteur est connu de la victime et les viols conjugaux représentent près de la moitié des cas. On voit naître une distinction entre un viol « violent », monstrueux et intolérable et un viol « doux », acceptable. Pourtant un viol, se définit bien plus largement par l’absence de consentement. Et, il est parfois nécessaire de le rappeler, céder n’est pas consentir. Trop souvent, le consentement est considéré comme sous-entendu, il reste de l’ordre du non-dit.

A lire cette excellente BD de ©Dansmontiroir où elle explique la difficulté de reconnaître un viol comme tel, surtout en cas de viol conjugal ("Appeler un viol, un viol")Pour aller plus loin :Le consentement expliqué par Simonae
Vulgarisation par Poulet Rotique

La "zone grise" n'existe pas !

« Un long regard langoureux ne vaut pas 1000 mots quand il s’agit de consentement ! Le fait qu’une femme tourne sensuellement sa mèche de cheveux en se mordillant la lèvre ne veut pas spécialement dire qu’elle veut que vous lui fassiez l’amour sauvagement ! Si vous invitez quelqu’un pour un dernier verre chez vous, vous n’êtes pas obligé-e de coucher avec lui/elle. Et même si, juste avant de jouir votre partenaire ne veut plus continuer, c’est son droit ! »

Certains parlent alors de la mythique « zone grise ». Cette zone floue où l’un-e des partenaires n’a pas formulé un « non » clair et qui pourrait mener à un abus. Sauf que j’ai une exclusivité pour vous ! Un long regard langoureux ne vaut pas 1000 mots quand il s’agit de consentement ! Le fait qu’une femme tourne sensuellement sa mèche de cheveux en se mordillant la lèvre ne veut pas spécialement dire qu’elle veut que vous lui fassiez l’amour sauvagement ! Si vous invitez quelqu’un pour un dernier verre chez vous, vous n’êtes pas obligé-e de coucher avec lui/elle. Et même si, juste avant de jouir votre partenaire ne veut plus continuer, c’est son droit ! La zone grise n’existe pas, parce que le consentement ne va pas de soi. L’absence de non ne veut pas dire oui ! 

© Espace Santé Étudiants Bordeaux ()

Notre environnement patriarcal nous envahit de messages selon lesquels ce serait aux hommes de prendre les initiatives et aux femmes de se forcer un peu. Ce serait ça, les règles du jeu : les femmes disent non en pensant oui et l’érotisme se construit sur l’ambiguïté du désir. Cette vision est problématique, car elle invisibilise la frontière entre jeu érotique et violence sexuelle.

La communication c'est la clé

©Florent Marloye pour Femmes Plurielles« Parce que quand les limites sont claires et quand on sait exactement ce que son-sa partenaire aime/veut/désire, c’est là qu’on prend le plus son pied ! »

Pourtant tout réside dans quelque chose d’aussi simple que la communication. La chaine YouTube « F*ck yes » l’a bien compris. Elle propose ainsi une série de petites vidéos montrant combien le consentement dans le sexe peut-être sexy. C’est ce genre de scènes que l’on voudrait voir plus souvent dans nos films et nos séries ! Parce que quand les limites sont claires et quand on sait exactement ce que son-sa partenaire aime/veut/désire, c’est là qu’on prend le plus son pied ! Alors… Let’s talk about sex ?

Pour aller plus loin :Article sur le consentement, la zone grise et la culture du violFrance culture - "Quand c'est non, c'est non" Dans mon tiroir - "Appeler un viol, un viol" Tags : consentement - vie affective et sexuelle - Sexualité Partagez
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