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Violences faites aux femmes*

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Article mis à jour le 16 septembre 2020

Violences et migration : les femmes en première ligne

par Stéphanie Jassogne publié le 25 août 2020 (c) Crawford Jolly

Au début du mois de juin, nous avons rencontré Marjorie Durieux, animatrice au sein du mouvement des Femmes Prévoyantes Socialistes de Wallonie picarde. Marjorie est aussi co-présidente, aux côtés de Maxime Dogot du CIEP (Centre d’Information et d’Education Populaire) de la Plateforme pour l’Interculturalité (PIT) à Tournai. Celle-ci, constituée par les FPS, le CIEP, Lire et Écrire, la Maison Internationale et la Maison médicale Le Gué, a pour mission de promouvoir l’interculturalité sur le territoire tournaisien, elle réalise notamment des formations à la citoyenneté et organise une permanence sociale destinée aux personnes étrangères.

Marjorie, peux-tu décrire en quelques mots la situation particulière de la région tournaisienne par rapport aux personnes migrantes en transit ?

Beaucoup de personnes sont en transit dans cette région frontalière. Actuellement, la ville de Tournai vit une situation humanitaire exceptionnelle. En effet, depuis quelques mois, le nombre de personnes migrantes n’a cessé d’augmenter. Ces jeunes (majoritairement des hommes de moins de 25 ans, provenant d’Erythrée et d’Ethiopie) transitent par la Belgique pour rejoindre le Royaume-Uni, pays que les trafiquants d’êtres humains leur présentent comme un havre de paix où elles·ils auront plus de chances de survivre, y compris clandestinement.

Que fait la plateforme PIT dans ce contexte ?

Elle soutient et travaille avec un groupe d’une quarantaine de citoyen·ne·s bénévoles qui se mobilisent pour venir en aide aux personnes en transit en distribuant des colis alimentaires et des vêtements. Avec l’aide de plusieurs avocat·e·s spécialisé·e·s en droit des étrangers, nous organisons des permanences sociales et juridiques individuelles, mais également des réunions spécifiques pour les femmes, gérées par le Centre de Planning familial des FPS Aurore Carlier.

Depuis le confinement de la mi-mars, comment la situation a-t-elle évolué pour ces personnes ?

Il faut savoir que les personnes que nous rencontrons se trouvent en situation de fatigue extrême car elles attendent les camions toute la nuit sur les aires d’autoroute. La journée, elles pouvaient se reposer à la Maison Internationale de Tournai. Depuis la crise sanitaire, ce n’est plus possible, la Maison a fermé ses portes. Des hébergements collectifs de maximum 10 personnes ont été mis en place, mais les gens sont restés dans les camps car ils ne voulaient pas se confiner. En partenariat avec la Croix-Rouge, nous allons leur rendre visite dans les camps pour distribuer des produits menstruels et donner des informations sur le Covid-19. On aimerait que ces personnes soient testées, malheureusement cela prend du temps.

Les femmes constituent environ un quart de ce groupe de migrant·e·s en transit, comment vivent-elles cette situation particulière ?

On a un regard spécifique pour les femmes car elles sont plus souvent en situation de vulnérabilité et se sentent moins en sécurité que les hommes. Elles doivent faire face à beaucoup de violences liées à leur parcours : esclavagisme, viols, grossesses non désirées, problèmes d’hygiène, etc. Dans ce contexte, l’aide médicale urgente, pour pratiquer une IVG par exemple, est compliquée à mettre en place car ces femmes doivent avoir un lieu de résidence qu’elles n’ont pas ! D’où l’importance de collaborer avec le Centre de Planning familial, avec des associations comme BruZelle pour la distribution de matériel menstruel et avec les services de la ville de Tournai pour l’accès aux douches publiques. Sur les parkings des autoroutes, si les jeunes femmes ne savent pas payer les passeurs, elles n’ont pas d’autre choix que de se prostituer.
Tous les jours, nous devons gérer des situations dramatiques. Pour ces personnes en situation irrégulières, nous sommes en train d’introduire une demande de subsides à la Région wallonne afin de disposer de bureaux et de lieux d’accueil permanents, on a bon espoir !

Pierre Bleue : un centre Croix-Rouge de référence pour l’accueil des femmes en situation de vulnérabilité

Les inégalités de genre* n’épargnent pas les structures d’accueil de demandeuses·eurs d’asile. Les femmes font face à diverses violences et agressions sexuelles à chaque étape de leur parcours migratoire mais aussi au sein et autour des centres. Suite à ces constats, le centre Croix-Rouge d’accueil Pierre Bleue, situé dans le Namurois, s’est spécialisé dans un accueil adapté aux femmes qui ont besoin d’un accompagnement spécifique. Cet accueil leur assure l’hébergement, la nourriture, l’habillement, la scolarisation, mais aussi leur garantit un accompagnement médical et social incluant le suivi de leur procédure de demande de protection internationale.

*Le genre est une construction socio-culturelle qui attribue des rôles et comportements spécifiques se basant sur la différenciation sexuelle entre les femmes et les hommes.

Plus d’info ? Contactez la régionale FPS de Wallonie picarde : page Facebook (FPS - Wallonie Picarde), mail (inscriptions.fpswapi@solidaris.be), téléphone (068/84.82.58 - 068/84.83.21) et adresse (Rue Barre Saint-Brice, 20 – 7500 Tournai).
Tags : demandeur d'asile - croix-rouge - migration - Rencontre - femmes - violence Partagez