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Ramène ta culotte : Toestand fait son festival !

par Elise Voillot publié le 18 septembre 2019 Image reprise sur le compte Instagram de Allée du Kaai

Schaerbeek, vendredi après-midi.

Derrière un grillage peu engageant arborant sur sa façade des graffitis un rien surannés, je pénètre pour la première fois au 53 Allée du Kaai. S’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, il ne faut pas non plus évaluer une bâtisse à sa façade. Car une fois rentrée dans cet espace, titillant depuis des années ma curiosité, impossible de ne pas tomber sous le charme de cet antre.

Aux abords de tables et de chaises, se trouve un chantier géré par des bénévoles mais aussi un skate park, une cuisine et un coin rien que pour les enfants. Cette ambiance joyeux bazar, agrémentée de murs bariolés, d’assiettes dépareillés et de personnes issues de tous horizons, n’aurait jamais pu voir le jour sans l’énergie de l’ASBL Toestand qui s’active depuis de nombreuses années à réinvestir des espaces délaissés pour leur rendre vie. Outre l’Allée du Kaai, Toestand a fait évoluer l’espace Marie Moskou dans la même dynamique. Grâce aux soutiens des forces vives du quartier et à l’investissement de l’ASBL, ces deux lieux ne ressemblant à aucun autre, lanceront leur tout premier Ramène ta culotte Fest, un festival sur les femmes dans les espaces intimes et publics.

C’est à cette occasion que j’ai rencontré autour d’un café, Gaëlle, animatrice à l’ASBL Toestand mais aussi Yasmina, chargée de recherches à l’Université Populaire d’Anderlecht et Raphaëlle, une voisine et artiste engagée qui réalisera une performance lors du festival. Pendant près d’une heure, elles m’ont parlé de leur projet mais aussi de féminisme et petites culottes.

Un projet initié par de nombreuses associations

Si Ramène ta culotte est né, c’est surtout pour répondre à des questions d’inclusivité dans les espaces publics. Comme l’explique Gaëlle, il reste difficile de faire venir des femmes au sein même de leur structure : « On a le même constat que dans la plupart des espaces publics (…) il y a très peu de femmes et de jeunes filles. Quand ces dernières viennent, elles s’adressent directement aux travailleuses (…) Quand les femmes viennent, c’est souvent parce qu’elles sont en couple et viennent avec leur homme. Dans l’équipe, nous étions plusieurs à nous intéresser à la question féministe et, nous considérant comme une structure politiquement engagée, nous voulions investir ce terrain-là. »

Mais si Gaëlle est l’une des initiatrices du projet, elle tient absolument à le préciser : ce festival n’est pas uniquement le sien. Outre la volonté de réaliser une collaboration transversale avec l’espace Marie Moskou, de nombreuses autres associations, collectifs, bénévoles et individu-e-s se sont impliqué-e-s dans le projet. Comme elle nous l’explique « Quand nous avons lancé la première réunion en décembre, il y avait déjà beaucoup de monde, cela a généré pas mal d’envies et d’idées. Plein de choses ont émergé (…) les gens sont d’une générosité incroyable ! C’est hallucinant (…) Nous ne voulions absolument pas nous mettre en avant ! Ce festival est l’occasion de travailler autrement ! ». C’est notamment par le bouche-à-oreille que Raphaëlle s’est inscrite dans le projet. Yasmina, elle, est là depuis le début. Pour cette dernière, la collaboration a particulièrement bien fonctionné car elle s’est déroulée dans un cadre bienveillant et ouvert à toutes les envies. « Personne n’a l’impression d’être utilisé-e, il n’y avait pas de problèmes d’égo au niveau institutionnel…Tout a été discuté entre nous ! » Raphaëlle ajoute « J’ai passé beaucoup de temps ici au moins de juin et je me suis vraiment approprié la thématique. T’es dans ton quartier, t’y habites avec les gens qui y vivent et je n’aurais jamais cotoyé ces personnes si je ne m’étais pas rendue ici, dans cet endroit qui est un peu mon jardin ! C’est beau de voir des projets y émerger (…) Je suis contente de participer à ce projet d’autant plus qu’il me parle ! »

Si l’événement n’a pas encore eu lieu, Gaëlle espère voir ce projet grandir en fonction des envies des publics et des partenaires. Elle aimerait également aborder de façon plus approfondie et plus récurrente les questions de genre avec ses publics et (pourquoi pas) des enfants. En attendant, Ramène ta culotte c’est du 22 au 28 septembre… Mais même si tu viens en string en boxer en slip ou en caleçon, tu seras le/la bienvenu-e ! Car, comme l’explique si bien Raphaëlle, il y en aura pour tous les goûts !

Pour découvrir la programmation complète :https://www.facebook.com/events/598767223946218/ Tags : Festival - Féminisme Partagez